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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 17:17

10 octobre : Journée mondiale contre la peine de mort

La Journée mondiale contre la peine de mort du 10 octobre 2007 mettra l'accent sur le projet de résolution soumis à l'Assemblée Générale de l'ONU. La proposition prévoit un moratoire universel sur les exécutions, afin de sauver des vies et de permettre aux populations des Etats rétentionistes de constater que la suspension de la peine capitale n'entraîne pas de hausse de la criminalité dans leur pays. 

A Paris, une manifestation aura lieu le 10 octobre, à 14h00, devant l'opéra Bastille. 

Durant cette journée, nous aurons également une pensée pour Mumia Abu Jamal, citoyen d'honneur de la ville de Malakoff, journaliste afro-américain, toujours détenu dans les couloirs de la mort américains.

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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 12:43

Marco Oberti propose une analyse détaillée des contextes urbains et scolaires dans lesquels évoluent les ménages. Son étude a porté sur les Hauts-de-Seine, qui concentrent à la fois des établissements aux bons résultats dans certaines villes aisées (Neuilly, Puteaux, Levallois, Sceaux, St Cloud…), et d’un autre côté un nombre importants d’écoles et collèges en ZEP-REP dans des communes populaires (Bagneux, Malakoff, Villeneuve-la-Garenne, Gennevilliers, Nanterre…). Il en ressort que l’offre et la carte scolaires concernent de façon profondément inégalitaire les différentes classes sociales, au profit des classes supérieures.

La question n’est donc pas d’être pour ou contre la carte scolaire, mais d’éclairer les mécanismes en jeu. Qui a intérêt à la ségrégation urbaine et scolaire ? Qui sont les perdants et les gagnants de l’application de la carte scolaire ? Qui a intérêt à son abandon ?

Pour la cohésion sociale, la mixité s’avère indispensable. La concentration des classes populaires dans certains établissements amène en effet les élèves à vivre leur échec comme une action discriminante liée à leur origine sociale voire ethnique.


304 pages - publication 2007 - Editeur Presses de Sciences Po - 21,00 €

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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 12:51

christine-eymard.jpgLa  loi sur la prévention de la délinquance, promulguée en mars 2007 s'appuyait sur un rapport d’experts de l’INSERM. Celui-ci portait sur le dépistage dès 36 mois, soit à 3 ans l’âge de l’entrée en maternelle,  les enfants turbulents, supposés devenir plus tard de la graine de délinquance. Christine Eymard, pédopsychiatre, psychanlyste nous apporte son éclairage sur ce sujet :
" Il faut savoir que ce rapport a été très contesté : et plus particulièrement par un collectif  « Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans » de spécialistes chevronnés de la Petite Enfance, de toutes les disciplines (pédiâtres,éducateurs, enseignants, pédopsychiatrie mais aussi, neurologie, génétique) qui a mobilisé un mouvement sans précédent, avec près de 200 000 signatures réunissant professionnels et un large public.
C’est dire que c’est loin d’être négligeable démocratiquement parlant ! Le gouvernement a ainsi été contraint de renoncer à inscrire le dépistage des enfants de moins de 36 mois dans sa loi.
Bien sûr le dépistage fait partie intégrante  de la prévention : mais il convient de faire la différence entre :
- les signes précurseurs ou signes d’appel (qui ne préjugent pas forcément de l’évolution) agitation, troubles du sommeil, retard dans les apprentissages…
- les symptômes qui sont un peu plus fixés et peuvent entraver le développement ; TOC (troubles obssessionnels compulsifs), TOP (troubles oppositionnels avec provocation), Tics, hyperactivité etc….sont ces dénominations dont les médias parlent, et qui peuvent mettre de côté ce contexte si important dont je parlais, et de ce fait brouiller la vérité clinique des difficultés d’un enfant, autrement plus complexes qu’une simple étiquette.
- Mention spéciale pour les troubles des conduites ou troubles du comportement,  notion relativement nouvelle, qui émane d’une de ces grilles scientifiques de classification des troubles et difficultés des enfants,  dont je parlais.
Or ils peuvent aboutir, après  élaboration clinique, à différents diagnostics  pouvant aller de la psychose, à la variation de la normale, en fonction des résultats de l’approche multi dimensionnelle. 
On en arrive aux questions éthiques qui se posent en matière des droits des enfants.Car il y a un réel danger à considérer des comportements comme facteurs prédictifs de la délinquance, et/ou comme une pathologie devant être traitée. Car un comportement n’est pas un diagnostic. Le refus, l’opposition, la désobéissance, ne sont pas des maladies. Seule la souffrance psychique justifie des soins.
L’enfant est un être en devenir ; on n’a donc pas le droit de l’enfermer dans un diagnostic plus ou moins définitif, une étiquette, une case, ou une réputation, qui le suivrait toute sa vie, de le stigmatiser. Et cela pour une raison simple, c’est que des changements peuvent intervenir tout au long de son développement, et il faut laisser la place à ces changements, être en capacité de les accueillir. Le pire est la simplification de l’observation, du diagnostic, de la cause. Il faut respecter la complexité de l’être humain. C’est aussi le cas des adolescents, dont on oublie trop souvent qu’ils ne sont pas des adultes, et dont l’évolution est en cours, fluctuante, et non pas définitivement fixée : (par exemple la violence…mais aussi les TS qui augmentent si dangereusement. (cf le rapport récent de la défenseure des enfants sur les ado en souffrance). Il est indispensable d’avoir les moyens, en temps, en compétence professionnelle, d’écouter l’adolescent qui ne peut  quelquefois pas dire autrement sa souffrance, son mal être, que par ces passages à l’acte. 
Il s’agit de défendre une conception PREVENANTE DE LA PREVENTION.Or la prévention existe en France contrairement à ce qui est laissé supposer par les rapports d’experts et autres discours politiques ! Les acteurs de santé, et les professionnels de la petite enfance, s’inscrivent  dans une mission de prévention, de promotion de la santé, et de soutien des familles en difficultés, mission qui existe depuis longtemps en France :
- ils guettent, pas à pas, le développement des enfants ; progrès, troubles, déficits
- ils savent se méfier de ces diagnostics dramatiques (débilité, autisme…) qui peuvent briser l’espoir des parents et aussi l’élan des enfants
- ils savent adresser aux services de prise en charge ceux qui en relèvent
Cette compétence vient de la vigilance, de l’approche globale et pluri-disciplinaire, et d’un climat  de confiance dans la relation avec l’enfant et sa famille, dont le secret professionnel est un pivot.
Les structures chargées de ces missions sont, soit publiques, soit associatives : PMI, médecine scolaire, RASED, SESSAD, CMP, CMPP… Elles concernent la petite enfance, mais aussi l’enfant tout au long de son développement jusques et y compris l’adolescence. Il faut  bien sûr, énergiquement déplorer le fait que leurs moyens sont bien au dessous des réels besoins de notre société (cf des délais d’attente inadmissibles…le manque cruel de personnels). Or ces professionnels n’ont pas été associés à l’expertise INSERM ni d’ailleurs des experts en sciences humaines qui se sont penchés sur l’enfance (sociologues, éthologues, historiens
et philosophes)!Or la vision prudente et humaniste de ces professionnels expérimentés, est un réel garde-
fou contre les prescriptions et les recommandations de type normatif. Il y aurait une dangereuse déviation (perversion) des buts de la médecine si elle était utilisée à des fins normatives.
Au travers de cela, et bien plus largement, il s’agit de défendre les valeurs fondamentales de notre société et de garder une conception prévenante de la prévention, et non pas prédictive :
1) tout ne se joue pas avant 3 ans : il est essentiel de  refuser tout déterminisme
2) l’humain n’est pas programmé/programmable : cela touche à la liberté d’être celui qu’on est, en devenir
3) les manifestations d’opposition, de désobéissance, de distance par rapport aux normes sociales, ne sont pas, en soi, des signes de pathologie, mais sources de créativité; il peut être aussi nécessaire et prudent de se méfier du calme apparent des enfants inhibés, de l’apathie, du silence de certains
4) le système médical Petite Enfance n’est pas un surveillant à des fins sécuritaires
5) le secret professionnel doit absolument être sauvegardé ; il en va de la relation de confiance avec les enfants et leurs familles
6)  Le politique ne doit en aucun cas se substituer aux soignants pour définir le normal et le pathologique.

Le rapport de l'Inserm sème le doute  sur des points essentiels : les troubles des conduites, les classifications, la question du déterminisme, le risque, les effets pervers de la prédiction et les traitements. Car il ne faut en aucun cas perdre de vue que le symptôme n’est pas un diagnostic. « Certes il peut exister des déterminants biologiques des comportements et de leur pathologie…mais l’enfant qui présente ces « troubles des conduites » n’est pas un animal cruel qu’il faut traiter par des psychotropes (Ritaline) et contenir par des méthodes psycho-rééducatives. (CCNE - Comité Consultatif National d’Ethique). Devant un enfant présentant des problèmes de comportement, la médecine doit d’abord le considérer comme un enfant en souffrance et en danger, qu’il faut accompagner, et non pas comme un enfant éventuellement dangereux – un futur délinquant –dont il faudrait protéger la société. Il s’agit donc de s’opposer à une médecine qui serait utilisée pour protéger la société davantage que les personnes, et ce d’autant plus qu’il s’agit de très jeunes enfants.
Le rapport, qui parle aussi de déterminisme génétique, aboutit dangereusement à une médecine prédictive  (criminels nés, classes dangereuses etc…notions du 19è siècle) qui privilégie l’inné (facteurs génétiques, prédispositions cérébrales…) aux dépens de l’acquis (facteurs environnementaux économiques, sociaux, culturels, éducatifs, familiaux…). Ce qui n’est pas pertinent actuellement compte tenu des travaux biologiques sur les relations entre gènes et environnement, et plasticité du cerveau et expérience.
C’est une chose de repérer des enfants dits à risque, c’est autre chose de savoir quoi faire  de ce risque :
La caractérisation  du tempérament «  à risque »  se situe dans un registre moral et normatif,
et non pas médical ou psychologique. Selon la CCNE « Des enfants de 3-4 ans, considérés (pendant combien de temps ?) comme des enfants « à risque » d’évolution vers des formes violentes de délinquance, ne risquent-ils pas d’être mis à l’écart et stigmatisés, d’être considérés comme des enfants « différents » et
dangereux, et de se retrouver, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’école, en situation durable de perte de chance et exposés à des réactions d’exclusion ? » Alors qu’il s’agit bien plutôt de les accompagner, ainsi que leur famille, avec des dispositifs adéquats, vers un apaisement de leur comportement.
De plus, il existe des effets pervers de la prédiction d’une telle politique de dépistage ; ainsi, l’enfant étiqueté, aura tendance à se comporter comme il sent qu’on attend de lui. Le danger est en effet d’émettre une prophétie auto-réalisatrice, c’est-à-dire de faire advenir ce que l’on a prédit, du seul fait qu’on l’a prédit.

Le rapport d’INSERM recommande d’utiliser des traitements univoques, d’inspiration comportementaliste, et des techniques rééducatives en référence à une pratique majoritaire aux USA. En France, il faut savoir qu’il existe aussi des approches dites psycho-dynamiques, systémiques et psychanalytiques dont il n’est pas fait mention, en particulier des psychothérapies individuelles , ou de groupe, ou familiales. Pour ma part, je défends avec ferveur cette méthode, où l’écoute, référée à la psychanalyse, est parfois la seule qui prend en compte la personne même de l’enfant, quelque soit son âge, dans le plus grand respect de ce qu’il est  en tant que sujet.
Le rapport  recommande aussi d’utiliser des médicaments, lourds, des psychotropes, utilisés en psychiatrie,  et pour lesquels on a peu de recul sur leurs effets à long terme chez l’enfant. La plus grande prudence est donc de mise, car ils risque de masquer les troubles du comportement, et donc d’occulter les symptômes, sans soigner le malaise de fond qui les conditionne. Ces traitements, comportent de plus, des risques de dépendance encore mal évalués, et peut-être des risques pour le développement ultérieur de l'enfant.

AU TOTAL des risques éthiques réels existent, d’imposer à un enfant une stigmatisation précoce, difficilement réversible et susceptible de renforcer sa détresse au lieu de la réduire. Il conviendrait en revanche de :
- Développer un meilleur accueil et un meilleur accompagnement psychologique et sanitaire des parents en situation difficile ( mères défavorisées)   par une plus grande coordination des professionnels médico- sociaux, avant, pendant et après la naissance. Dans ma pratique en CMPP par exemple il y existe tout un sérieux  travail de lien entre les différents services et établissements qui s’occupent d’une famille : PMI, ASE, Cmpp Cmp, service social, école, médecin traitant …etc
- Offrir aux enfants vivant dans des environnements économiquement, culturellement ou affectivement précaires, un soutien complémentaire aux structures existantes.
- Souligner  l’importance majeure d’une prévention effective fondée sur la correction de facteurs environnementaux,(logement, chômage etc…) qui concourent à la survenue de souffrance psychique ou de troubles des comportements jugés déviants.

En conclusion, on ne peut donc pas approuver une volonté d’inscrire la médecine préventive dans le champ de la répression, qui conduit à considérer l’enfant comme un danger, et le fait passer de facto du statut de victime à celui de présumé coupable. Selon la CCNE  « Une approche, visant à prédire une évolution vers des formes violentes de délinquance à partir de troubles précoces du comportement n’est pas pertinente sur le fond en l’état actuel des connaissances, et doit donc être proscrite ; les paramètres disponibles n’étant pas suffisamment significatifs pour permettre de le faire, sans échapper aux préjugés sociaux, ou idéologiques, toujours présents dans nos sociétés. Il faut développer une réflexion sur la différence entre prédiction, accompagnement, et prévention  dans tous les secteurs de la société, en particulier ceux qui sont impliqués dans la prise en charge de l’enfant ".

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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 08:55
immigration.jpgDans le cadre de la politique répressive de l'immigration, des élus écrivent une lettre ouverte au ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale pour rappeler leur opposition. La Section de LDH de Malakoff-Bagneux-Montrouge-Châtillon remercie les maires signataires de cette démarche et espère que de nombreux autres élus s'inspireront de cette initiative...

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" Nous ne sommes pas à vos ordres "

Monsieur le Ministre,

Vous rappelez actuellement à l’ordre les Préfets des départements dont " les résultats doivent être améliorés en termes de reconduites à la frontière ". Certains Préfets ont d’ores et déjà écrit aux Maires pour les " mettre en garde " contre toutes les initiatives de solidarité avec les sans papiers, comme les parrainages, qu’ils pourraient soutenir sur le territoire de leur commune.

Nous, Maires de Bagneux, Chaville, Clamart, Clichy-la-Garenne, Gennevilliers, Fontenay-aux- Roses, Nanterre, Malakoff, rappelons que nous menons des actes citoyens pour protéger les habitants qui vivent, travaillent, étudient dans nos communes.

Nous sommes les Maires de tous, quelles que soient la nationalité ou l’origine, et notre rôle est d’aider chacun à trouver sa place au sein de notre société commune : le pays des droits de l’Homme.
Nous sommes indignés qu’un Ministre enjoigne aux Préfets de menacer les Maires de poursuites judiciaires pour les initiatives prises en faveur de la reconnaissance de chacun.
Cela rappelle trop des méthodes employées en d’autres temps à l’égard des Maires et des Préfets.
Votre vision obsessionnelle du chiffre en matière de politique d’immigration est d’autant plus condamnable que ce sont des êtres humains qui sont en jeu, alors même que vous n’éprouvez pas la même exigence vis à vis d’objectifs chiffrés fixés par la loi –pensons à la loi SRU- pour permettre le droit au logement !

Nous appelons tous les élus locaux à réagir avec détermination face à cette tentative de mise au pas et à nous rejoindre dans l’affirmation des libertés et des valeurs démocratiques de notre République.

- Marie Hélène Amiable, Maire de Bagneux Députée des Hauts-de Seine
- Jacques Bourgoin, Maire de Gennevilliers Conseiller général des Hauts-de-Seine
- Pascal Buchet, Maire de Fontenay-aux- Roses Conseiller général des Hauts-de-Seine
- Gilles Catoire, Maire de Clichy-la-Garenne Conseiller général des Hauts-de-Seine
- Patrick Jarry, Maire de Nanterre
- Philippe Kaltenbach, Maire de Clamart Conseiller régional d’Ile-de-France
- Jean Levain, Maire de Chaville Conseiller général des Hauts-de-Seine
- Catherine Margaté, Maire de Malakoff Conseiller général des Hauts-de-Seine

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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 10:37

montrouge.jpgLe Plan Local d'Urbanisme fixe les règles de construction pour les 15 ans à venir. Le PLU de Montrouge fait actuellement l'objet d'un enquête publique au centre administratif jusqu'au 12 octobre 2007.
Un collectif d'association demande aux citoyens de donner leur avis et de participer à cette enquête publique. On relève notamment le peu de place consacré au développement durable et à l'écologie urbaine : absence de norme HQE -Haute qualité environnementale- pour les nouveaux bâtiments.

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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 08:08

Andre-MEUNIE-LDH-Environnement.jpgInterview d'André Meunié, responsable du dossier environnement à la LDH

 

1-     Parallèlement à ses combats politiques et sociaux, la LDH s'intéresse aujourd'hui à l'écologie. Cela peut surprendre. Quel rapport établissez-vous entre environnement et droits de l'Homme ?

 

Les dégradations de l’environnement ont un impact direct sur les conditions de vie des populations. Souvent, elles touchent les catégories les plus vulnérables des populations, notamment en raison de phénomènes de ségrégation spatiale provoqués par des logiques foncières. Par exemple, dans les villes, les zones les plus polluées sont aussi celles où les loyers sont les moins onéreux. La dimension sociale du développement durable entretient donc un lien étroit avec la dimension environnementale.

Aujourd’hui, les impasses écologiques multiplient les sources de conflits d’intérêt. Le droit est un instrument indispensable pour que les sociétés se saisissent de cette question. La reconnaissance (et l’application…) du droit fondamental à un environnement préservé est la condition sine qua non pour que les individus trouvent les moyens de se protéger contre les effets délétères des pollutions. L’épuisement des ressources énergétiques, les délocalisations des industries les plus polluantes vers le Sud, les dégâts sociaux de l’agriculture d’exportation dans les pays en développement, la déforestation et la crise de la biodiversité, la multiplication des pollutions locales sont autant d’impasses « objectives » de nos modèles de développement. Pour les affronter, l’ordre économique international va devoir être profondément réformé et les populations les plus pauvres risquent de subir ces mutations de plein fouet.

Les droits de l’Homme possèdent la dimension universelle et éthique indispensable pour que les sociétés affrontent  ces défis en respect avec les principes d’égalité de droits et d’accès aux droits.

 

2-     Quel constat faites-vous sur la situation environnementale en France ?

 

La situation écologique française contient aujourd’hui de nombreuses sources de conflits. Le manque de transparence dans la question du nucléaire, la localisation des incinérateurs, les affres du ferroutage, les oppositions frontales sur les OGM sont autant de questions dont la société peine à se saisir de façon raisonnable. Le gouvernement lance son « Grenelle de l’environnement » sous l’égide d’un ministère de l’Ecologie renforcé. Cet affichage montre la prise de conscience des grands enjeux et nous verrons comment la majorité présidentielle gère les intérêts divergents qui vont s’affronter.

 

3-     Grâce à la Charte de l'environnement adoptée en 2005, les droits et devoirs en matière d'environnement figurent désormais dans la Constitution française (au même titre que les droits de l'Homme ou les droits économiques et sociaux). A travers votre expertise juridique, quel jugement portez-vous sur cette Charte ?

 

Cette charte de l’environnement offre un potentiel formidable pour favoriser les conditions d’un développement durable. Mais deux ans après son adoption, force est de constater qu’elle reste cantonnée à sa valeur symbolique et que les lois nécessaires à son application concrète n’existent pas. Pire, elle a été très largement vilipendée à cause de son (supposé) contenu anti-progressiste dans l’article 5 sur le fameux principe de précaution. Aujourd’hui, elle ne remplit pas sa fonction, c’est-à-dire rééquilibrer les rapports de force pour que chacun ait le droit de vivre dans un environnement équilibré et favorable à sa santé (art. 1).

 

Interview extraite de la revue Référence Environnement - juin 2007

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