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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 07:07

Au ravin des enfants perdus

Chanson pour Vauquois - Dominique Grange - Des lendemains qui saignent

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 06:26

A l'occasion de la 1ère journée nationale de la Résistance, la ville de Montrouge dévoilera une plaque en mémoire de Jean Moulin, unificateur de la Résistance.

Le 27 mai correspond à la date anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance, instance de coordination des différents mouvements de la Résistance, et dont le premier président fut Jean Moulin.

Rendez-vous est donné au square Jean Moulin à Montrouge, le 27/05/2014 à 19h.

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 18:14

Mme Brigitte Gonthier-Maurin, sénatrice des Hauts-de-Seine, nous informe :


La délégation aux droits des femmes du sénat que je préside organise cette année, en collaboration avec la Présidence du sénat, un colloque à l'occasion de la première commémoration de la journée du 27 mai, comme journée nationale de la résistance - et jour anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance - un colloque qui sera consacré aux femmes résistantes. Et à l’occasion de laquelle une plaque en hommage aux sénatrices résistantes sera d’ailleurs inaugurée dans la salle des bustes du Sénat.

Plus d'information : www.brigittegonthier-maurin.fr

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 17:15

Aujourd'hui, une plaque a été dévoilée à l'angle des rues Carves et Basch à Montrouge.

Ci-après le texte qui a été lu par les représentants de la LDH locale à cette occasion.

Victor Basch à Montrouge

Gilles Manceron reviendra en détail sur l’itinéraire de Victor Basch, dreyfusard de la première heure, militant acharné des droits de l’homme, intellectuel cosmopolite, athée mais ayant toujours revendiqué ses origines juives et qui, pour toutes ces raisons, fut assassiné avec son épouse Ilona il y a 70 ans, le 10 janvier 1944.
Mais attardons nous un instant sur les raisons qui poussent notre section locale à apposer une plaque en sa mémoire, ici même à Montrouge, au niveau de l’ancien stade Buffalo.
Victor Basch a été un « artisan majeur du Front populaire aux côtés de Léon Blum (même s’il prit quelques distances avec celui-ci pour soutenir les Républicains espagnols en guerre contre Franco) » (1).
Ainsi, le 14 juillet 1935, Victor Basch préside l’événement fondateur du Front populaire au vélodrome de Buffalo à Montrouge.
Il suffit de lire la presse de l’époque pour prendre conscience de l’importance de cet événement.
« Dans la vaste artère sportive de Buffalo, aux portes de Paris, le Front populaire avait tenu le matin à 9 heures des Assises de la Paix et de la liberté, premier acte des manifestations de gauche que la journée du 14 juillet devait voir se dérouler. On comptait environ douze mille auditeurs, où dominaient (…) les intellectuels et les étudiants de gauche qui s’entassèrent sur les gradins du stade » (2).
« M. Victor Basch, président de la Ligue des droits de l’Homme, présidait, assis, derrière une petite table recouverte d’un tapis écarlate ». Il fut le premier à prendre « la parole pour déclarer ouvertes au nom du Comité national du rassemblement, les Assises de la paix et de la liberté. Tous, dit-il, nous avons conscience que cette journée prendra place parmi les dates mémorables de l’Histoire de la France démocratique et qu’elle s’apparente aux journées illustres du 14 juillet 1789 et du 14 juillet 1790 » (3).
Il poursuit : "Réunis à la Grange aux Belles sous l'insigne du bonnet phrygien, symbole commun à tous pour préparer le Rassemblement du 14 juillet, nous jurons de rester unis pour défendre les libertés démocratiques, le droit de tous les hommes au pain et de tous les peuples à la grande paix humaine."
Au cours de cette matinée au stade Buffalo, les intervenants sont nombreux. « Au nom de la Ligue des droits de l’Homme, M. Ferdinand Hérold précise que : "Joyeusement, mais gravement, la Ligue des droits de l’Homme et du Citoyen, pénétrée de la grandeur de cette journée et de ses lointaines répercussions, adhère au rassemblement du 14 juillet. La Ligue se donne pour tâche de défendre les libertés publiques contre les ligues factieuses qui, s’inspirant des fallacieuses idéologies et des méthodes barbares du fascisme italien et du racisme allemand, se font un tremplin de la misère publique pour attirer à elles les victimes de la crise – et qui, en réalité, comme eux, ne sont que les troupes marchantes de la réaction et les haut parleurs des occultes puissances d’argent » (4).
Comme nous le précisons, les intervenants sont nombreux à se succéder à la tribune. Nous nous arrêtons toutefois un instant sur une intervention qui recoupe notre sphère locale, puisque, au nom des jeunes, c’est Léo Figuères (celui qui deviendra conseiller général des Hauts-de-Seine entre 1959 et 1993 et maire de Malakoff de 1965 jusqu’en 1996), s’exprime et déclare notamment: « Les jeunes ont soif de vivre de leur travail, dans la paix et la liberté. Ils unissent pour cela leurs volontés et leurs forces. Nous considérons que la journée d’aujourd’hui n’est que le premier pas vers une union plus féconde » (5).
A l’issue de ce rassemblement à Montrouge, « M. Rabaté [du Comité national de lutte contre la guerre et le fascisme] lut la formule du serment qui se termine par ces mots : "Nous faisons le serment solennel de rester unis pour désarmer et dissoudre les ligues factieuses, pour défendre et développer les libertés démocratiques et pour assurer la paix humaine" Tous les assistants, debout, crièrent : "Nous le jurons" » (6).
Après ce rassemblement au stade Buffalo, l’après-midi de ce 14 juillet 1935 fut l’occasion d’une gigantesque manifestation entre la Bastille et Vincennes, « qui a réuni une foule qu’il est difficile d’évaluer avec précision, mais que l’on peut estimer loyalement à environ cent cinquante mille personnes. C’est un chiffre, mais qui perd un peu de sa valeur si l’on songe que l’on avait fait appel au ban et à l’arrière ban de la province, comme en témoignaient les banderoles portées par les camarades et que des femmes, enfant, vieillards, tout était descendu » (7).
Au cours de cette manifestation, « deux autos ouvrent le cortège proprement dit. L’une porte un immense drapeau tricolore, l’autre un immense drapeau rouge, sur lequel sont inscrits en lettre d’or les mots : Rassemblement populaire du 14 juillet. Sur la voiture que surmontent les couleurs nationales, ont pris place quelques responsables radicaux-socialistes, notamment M. Pierre Cot, sur la seconde auto se trouvent les représentants socialistes et communistes. Ensuite, à une certaine distance derrière, M. Victor Basch, président de la Ligue des droits de l’Homme, le groupe des chefs responsables du rassemblement populaire » (8).
« Le défilé, calme, en dépit des chants et des cris, a ressemblé, par instants, à une partie de campagne ou à une immense kermesse » (9). Cette journée avec « sa cohue nombreuse », « doit avoir un lendemain car, même les éléments les plus exaltés de gauche présentent des revendications justes, sur lesquelles doit se pencher l’attention de tout gouvernement » (10). D’autant plus que cette journée ne fut pas que parisienne, puisque l’on compta aussi ce même jour des centaines de milliers de manifestants en province.
Le Front populaire est en marche et ses avancées sociales qui l’accompagneront instaurant notamment deux semaines de congés payés, la semaine de 40 heures au lieu de 48 heures ou encore les conventions collectives.
C’est pour toutes ces raisons que la section locale de la LDH a tenu à mettre en place cette plaque.

Le crime contre l’esprit

Si nous avons attendu cette année pour la réaliser, c’est par ce que nous commémorons en 2014 les 70 ans de l’assassinat de Victor Basch. C’est pour ses origines juives, ses engagements et son activité de résistant en tant que responsable du Front national, que Victor Basch, et son épouse Ilona, sont tués le 10 janvier 1944 près de Lyon par la milice française et la police allemande qui déposent sur leurs corps l’inscription : « Terreur contre terreur : le juif paye toujours ». Pour Lécussan, un de ses assassins, ce crime se justifie car Basch, « prototype du Juif étranger » symbolise « la mafia judéo-maçonnique », il est aussi à abattre en tant que « créateur du Front populaire » (11).
70 après ces événements, nous tenons à nous souvenir. Nous célébrons cette année les 70 ans de la Libération mais nous ne voulons surtout pas oublier tous ceux qui y contribuèrent mais qui ne purent la vivre.


Ilona, compagne de combat jusqu’à la mort

Contrairement à la plaque de la rue qui ne mentionne que le prénom de Victor Basch, la plaque que nous dévoilerons tout à l’heure, rappelle également le rôle de son épouse, Ilona qui a partagé avec son mari « l’exaltation et les périls des innombrables combats de son mari pour les droits de l’homme » (12). Car parmi les personnages illustres, on oublie bien vite le rôle des femmes (et le peu de femmes présentes au Panthéon le prouve bien). Et être l’épouse d’un mari militant n’est pas toujours facile et encore moins reconnu. Notre amie Francesca Solleville, membre de notre section locale de la LDH, ne manque d’ailleurs pas de rappeler l’appui essentiel apporté par sa grand-mère Ernesta à son époux, Luigi Campolonghi, président fondateur en exil de la LIDU (Ligue italienne des droits de l’Homme) (13). La LDH et la LIDU se montrent solidaires dans la lutte contre le fascisme et Mussolini. « L’Italie, la vraie (…), elle est à côté de nous, représentée par les Campolonghi, De Ambris, Lussu, Trentin, Bergamo ! C’est avec celle-là que nous voulons celer l’amitié franco-italienne ! » (14) déclare Victor Basch lors d’un des nombreux meetings communs. La LIDU, fondée à Paris, « pouvait bien sûr compter sur le soutien de Victor Basch, président de la ligue française, (…) surtout pour résoudre les cas les plus épineux de reconnaissance du droit d’asile et de menaces d’expulsions » (15). Ici encore, les itinéraires des humanistes se recoupent à travers les lieux et le temps. Et les préoccupations des militants des droits de l’Homme restent constantes.
Ilona Basch, comme le rappelait dernièrement l’historienne Colette Cosnier (16), « a partagé la vie de son mari mais également sa mort puisqu’elle a été assassinée en même temps que lui le 10 janvier 1944. (…) Elle ne participe pas aux activités politiques de son mari mais mène toutes les actions qui peuvent les y aider ». En 1933 à l’occasion du congrès de la Ligue des droits de l’homme à Amiens, les militants remettent à Ilona un bouquet de fleurs en lui disant : « Recevez ces fleurs car nous aimons la Ligue, et si la Ligue c’est lui, c’est également vous ». Elle a joué un rôle majeur aux côtés de son mari, dont elle a partagé le destin jusqu’à la mort : quand la milice est venue chercher son mari, elle a refusé de le laisser partir seul. Comme l’écrit Françoise Basch (17), « Ilona a fait preuve de résistance et de courage jusque devant la mort. Si Victor Basch avait choisi de suivre une voie semée de dangers, Ilona, elle, décida en connaissance de cause de vivre et de mourir à ses côtés ».

Nous tenons aujourd'hui à honorer la mémoire de Victor et Ilona Basch et voulons nous souvenir de leurs combats et de leurs engagements. Comme l'écrit Chateaubriand, "les vivants ne peuvent plus rien apprendre aux morts, mais les morts au contraire instruisent les vivants".

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(1) « Ilona, ma mère et moi - Une famille juive sous l’occupation 1940 -1944 » - Françoise Basch, Ed. iXe, 2012, p 30
(2) Le Petit Parisien, n°21321, 15/07/1935, p 7
(3) Le Petit Journal, n°26478, 15/07/1935, p 5
(4) L’Humanité, n° 13359, 15/07/1935, p 4
(5) Le Populaire, n° 4537, 15/07/1935, p 4
(6) Journal des débats politiques et littéraires, n°195, 15-16/07/1935, p 1
(7) L’Echo de Paris, n°20359, 15/07/1935, p 1
(8) Le Matin, n°18743, 15/07/1935, p 6
(9) Le Temps, n°60, 15-16/07/1935, p3
(10) La Croix, n°1668, 16/07/1935, p 2
(11) Cité par Françoise Basch (Le juif paye toujours) in Victor Basch, un intellectuel cosmopolite, Berg international ed.
(12) « Ilona, ma mère et moi - Une famille juive sous l’occupation 1940 -1944 » - Françoise Basch, Ed. iXe, 2012, p 27
(13) « A piena voce » de Marc Legras et Francesca Solleville, Ed. Christian Pirot, 2004, p 18
(14) « Immigrés d'Italie et paysans de France, 1920-1944 » de Laure Teulières, Ed. Presses universitaires du Mirail, 2002, p 172
(15) « Exil et identité: les antifascistes italiens dans le Sud-Ouest, 1924-1940 » de Carmela Maltone, Ed. Presses Universitaires Bordeaux, 2006, p 59
(16) Colloque tenu le 10/01/2014 à Rennes au collège Victor et Hélène Basch
(17) « Ilona, ma mère et moi - Une famille juive sous l’occupation 1940 -1944 » - Françoise Basch, Ed. iXe, 2012, p 93

Victor et Ilona Basch ont désormais leur plaque à Montrouge
Victor et Ilona Basch ont désormais leur plaque à Montrouge

Louis Aragon – Le crime contre l’esprit par le témoin des martyrs, Ed. de minuit, 26/02/1944, pages 65-66

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 10:02
L'avancée du droit des femmes sous la Commune

8 Mars - Journée internationale des Femmes

Ci-après un extrait du texte de Claudine Rey paru dans le n°57 de La Commune

En avance sur la reconnaissance de l'union libre, les communards ont versé une pension aux veuves de Fédérés qu'elles soient mariées ou non. Un siècle avant la loi sur l'héritage pour les enfants nés en dehors du mariage, la Commune a donné les mêmes droits à tous. Pour le salaire des hommes et des femmes, elle a prôné et commencé à appliquer l'égalité de rémunération entre les instituteurs et les institutrices. Elle a permis la séparation des époux par le versement d'une pension alimentaire aux femmes qui souhaitaient rompre avec leur conjoint.
Alors que la place des femmes n'était pas reconnue à part entière dans cette société du 19e siècle, elle a laissé des femmes siéger dans les commissions municipales et. malgré l'opposition de certains, elles ont été combattantes sur les fortifications.
Ainsi Victorine Brocher est fédérée au bataillon des Turcos. Moins célèbre que Louise Michel, elle a cependant raconté dans l'ouvrage Souvenirs d'une morte vivante, sa lutte héroïque, jusque sur les barricades parisiennes. Nous la découvrons porteuse du drapeau rouge près de la Bastille jusque dans le XIXe arrondissement, où elle cache sur elle ce témoin compromettant, sans pourtant s'en séparer.
Comme elle, beaucoup d'autres ont été parties prenantes et même protectrices de la Commune. Nous les retrouvons dans le Petit dictionnaire des femmes de la Commune. (...)

Même si en 1871, tout n'a pas été gagné en soixante-douze jours, la Commune a fait preuve d'une très grande ouverture d'esprit qui a permis une immense avancée sur le long chemin du combat des femmes pour l'égalité.

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 13:49
La Voix dans le débarras, d'après Raymond Federman

Théâtre de tous les ailleurs, la MC93 est un lieu de création qui propose chaque année des spectacles classiques et contemporains. Du 31 janvier au 15 février prochain, Raymond Federman, écrivain né à Montrouge, sauvé de la déportation par sa mère qui le poussa dans un débarras le jour de la rafle du Vel d’Hiv, sera à l’honneur.

Sarah Oppenheim met en scène La Voix dans le Débarras, adaptation du texte en prose de Raymond Federman, traduisant ainsi de manière esthétique et visuelle toute la poésie et la force de ce texte. Cette création a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Pour en savoir plus,cliquez ici

Par ailleurs, dans le cadre de ce spectacle une lecture d’extraits du texte est proposée le Samedi 8 février à 15h à la Bibliothèque Marguerite Audoux (10 rue Portefoin, Paris 3eme). Réservation 01 44 78 55 20

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MC93, Théâtre de tous les ailleurs
9, Bd Lénine
93000 Bobigny

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Pour Raymond Federman, son enfance a disparu dans le débarras où il a été caché, le jour de la Rafle du Vel d’Hiv qui l’a rendu orphelin et seul survivant de sa famille. Il a dit à plusieurs reprises ne pas avoir de passé avant le jour où il a commencé à travailler à la ferme dans laquelle il a vécu le reste de la guerre avant son départ en Amérique : « La ferme a effacé toute ma jeunesse » écrit-il dans Retour au fumier.
De ses sœurs exterminées, aucun souvenir de paroles échangées dans l’enfance ni aucune image sauf une photo retrouvée. Le débarras où il a été caché et qu’il revisite des années plus tard n’évoque de même en lui aucune sensation, juste « de l’obscurité et du silence », du vide. C’est à partir de ce gouffre de mémoire et du sentiment irrémédiable d’absence qui l’habite depuis ce moment, que Raymond Federman s’est attelé, trente ans après la Rafle, à l’écriture de La Voix dans le débarras , comme une plongée en lui-même et dans son passé à réinventer.

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 13:59
Maurice Audin a-t-il été assassiné sur ordre ?

Communiqué de la Ligue des droits de l'Homme :

Durant la guerre d’Algérie, Maurice Audin, jeune mathématicien et militant communiste âgé de 25 ans, arrêté à son domicile, à Alger, le 11 juin 1957, par des militaires français, a disparu peu après alors qu’il se trouvait entre leurs mains. Depuis lors, son épouse, Josette Audin, le Comité Maurice Audin, présidé par Pierre Vidal-Naquet, et la Ligue des droits de l’Homme n’ont eu de cesse de demander aux autorités françaises qu’elles disent la vérité sur sa disparition.

En mars 2012, suite à la publication par le Nouvel Observateur d’informations selon lesquelles ce serait le sous-lieutenant Gérard Garcet, chef d’état-major du général Massu, commandant la division parachutiste exerçant les fonctions de police à Alger, qui aurait mis fin à ses jours, la Ligue des droits de l'Homme a renouvelé publiquement sa demande. Promises par le président de la République à Josette Audin dans la lettre qu’il lui avait adressée en décembre 2012, les archives qui lui ont été communiquées en février 2013 par le ministre de la Défense n’apportent aucun élément, aux dires des historiens qui les ont examinées, sur la disparition de son mari.

En revanche, le livre La Vérité sur la mort de Maurice Audin, où le journaliste et documentariste Jean-Charles Deniau publie les résultats de son enquête, avance des éléments nouveaux qui rendent indispensable que les autorités françaises disent enfin la vérité sur ces faits. D’après lui, l’ordre de tuer Maurice Audin a été donné au commandant Aussaresses par le général Massu, avec l’assentiment probable du ministre résident en Algérie, le socialiste SFIO Robert Lacoste, alors que le président du Conseil était depuis peu le membre du Parti radical, Maurice Bourgès-Maunoury. L’enquête confirme, par ailleurs, quant à l’exécuteur du crime, les informations publiées en mars 2012 par le Nouvel Observateur. L’objectif de cet assassinat étant de faire un exemple destiné à avertir et dissuader les communistes de soutenir la lutte d’indépendance algérienne.

L’assassinat de Maurice Audin, qui a frappé d’autant plus l’opinion publique qu’il s’agissait d’un jeune universitaire français, n’est qu’un exemple des tortures et exécutions sommaires infiniment plus nombreuses qui ont frappé des Algériens. Après d’autres travaux, ce livre montre comment, durant cette guerre, des autorités civiles et militaires françaises ont poussé des soldats à commettre en Algérie des actes qui ont été définis par des textes internationaux au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale comme des violations graves des droits de l’homme. Comme en ont témoigné le général Pâris de Bollardière ou le secrétaire général de la police d’Alger, Paul Teitgen, qui a démissionné en 1957 parce qu’il refusait d’en être complice, l’illégalité et l’irresponsabilité ne pouvaient conduire qu’à des crimes de guerre.

Pour la Ligue des droits de l’Homme, il est plus que temps, un demi-siècle après ces faits, que les plus hautes autorités de la République française, comme les différentes institutions de la société, le reconnaissent.

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 11:29
Histoire et mémoire des fusillés pour l’exemple

Du 15 janvier au 7 mars 2014, se tiendra à l'Hôtel de Ville de Paris (de 10h à 19h, tous les jours, sauf dimanche et jours fériés), une exposition gratuite intitulée "Fusillé pour l'exemple, les fantômes de la République"

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 19:52
Victor Basch, 70 ans après son assassinat

Ancien président de la Ligue des droits de l’Homme, Victor Basch est assassiné avec son épouse Ilona, le 10 janvier 1944 près de Lyon par la milice française et la Gestapo. Des commémorations sont d’ores et déjà programmées à Rennes (35), à Villeurbanne (69) et à Montrouge (92) en l’honneur de cet homme d'action, fervent dreyfusard, militant acharné de la défense du droit et de la justice.

La Ligue des droits de l’Homme et du citoyen, tout en appuyant récemment l’entrée simultanée de plusieurs femmes au Panthéon, estimait également « que le rôle de Victor Basch mérite lui aussi d’être honoré par la République et que celui-ci pourrait, avec sa femme Ilona, être inhumé dans le haut lieu de la République que constitue le Panthéon » .

C’est à Rennes, à l’occasion de l’affaire Dreyfus, que débute l’engagement politique de Victor Basch. Ce combat l’amène à faire partie dès juin 1898 des premiers adhérents de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen dont il assurera la présidence de 1926 jusqu’à sa mort, et à jouer un rôle essentiel dans la fondation de la section de Rennes, une des premières à voir le jour. En sa mémoire, la section de la Ligue des droits de l’Homme de Rennes organisera le vendredi 10 janvier 2014 une journée d’hommage sur le thème « Militer hier et aujourd’hui » avec la participation d’historiens et de responsables associatifs et politiques.

L’engagement militant de Victor Basch l’amène à être également un acteur important du Front populaire. C’est ainsi qu’il préside à Montrouge, le 14 juillet 1935, au vélodrome Buffalo, les "Assises de la paix et de la liberté", évènement fondateur du Front populaire et de ses avancées sociales. La section de la Ligue des droits de l’Homme de Montrouge dévoilera une plaque rappelant cet événement, le mercredi 16 avril 2014, rue Victor Basch à Montrouge.

Réfugié pendant la guerre, avec son épouse Ilona, à Caluire-et-Cuire (69), Victor Basch devient membre du comité directeur du mouvement de résistance Front national pour la zone sud. Arrêtés tous les deux le 10 janvier 1944 par la milice française et la Gestapo, ils sont assassinés à Neyron (01) et sont inhumés à la Nécropole nationale de la Doua, à Villeurbanne (69). La Fédération de la Ligue des droits de l’Homme du Rhône invitera à se recueillir sur leur tombe le vendredi 10 janvier 2014 et proposera une projection-débat autour du film documentaire "Victor Basch, dreyfusard de combat".

Le 10 janvier 2014, cela fera 70 ans que Victor Basch fut tué, avec son épouse Ilona, pour ses engagements et du fait de ses origines. Les assassins déposèrent sur leurs corps l’inscription "Terreur contre terreur : le juif paye toujours". Alors qu’en France les propos racistes se multiplient, les diverses commémorations qui se dérouleront autour de l’action militante et de l’assassinat de Victor Basch appuieront la volonté de la Ligue des droits de l’Homme de dénoncer sans relâche et sans complaisance les incitations actuelles à la haine et de refuser que la brutalité verbale toujours annonciatrice de passages à l’acte dramatiques envahisse l’espace démocratique.

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 13:19

Tribune de Gilles Manceron, membre du Comité central de la Ligue des droits de l'Homme, publiée par Médiapart :


Bien peu de Français savent qu’il y a tout juste deux-cent-dix ans, le 18 novembre 1803, a eu lieu, un siècle et demi avant Diên Biên Phu, la première défaite d’un corps expéditionnaire français envoyé combattre une guerre d’indépendance d’un peuple colonial : la bataille de Vertières. Par elle, quelques semaines plus tard, Saint-Domingue, devenue Haïti en janvier 1804, a été la première colonie française à conquérir son indépendance.

Mais pour prix de son indépendance et afin de permettre que d’autres États la reconnaissent à leur tour, la France lui a imposé en 1825 le paiement d’une somme de 150 millions de francs « destinée à dédommager les anciens colons qui réclameront une indemnité ».

Haïti dut emprunter –en l’occurrence auprès de banques françaises– pour payer cette somme, qui fut réduite en 1838 par un traité inégal, imposé par la France, à 120 millions au total, auxquels s’ajoutaient les intérêts de l’emprunt qu’Haïti avait dû contracter pour effectuer le premier versement. Du fait de ce paiement qui, sous la Troisième République, a duré jusqu’en 1883, suivi de celui des intérêts versés à des banques françaises jusqu’en 1915, la France a infligé à Haïti un coût à son indépendance qui a considérablement entravé son développement. Ce préjudice historique n’a été que partiellement reconnu dans le rapport remis en 2004, à la demande du ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, par le Comité indépendant de réflexion et de proposition sur les relations franco-haïtiennes, rédigé par Régis Debray.

Ces faits sont emblématiques du « trou de mémoire » des institutions et de la société française vis-à-vis des crimes et des forfaits que la politique coloniale les ont conduit à commettre dans le passé. Mettre fin à leur déni et à leur occultation implique, avant tout, leur reconnaissance par nos institutions et la diffusion dans notre société du XXIe siècle de la connaissance de ces faits qui font partie de notre histoire.

Mais la Ligue des droits de l’Homme estime aussi que la France pourrait faire un geste fort, de nature à renforcer l’image et la crédibilité internationale en affirmant sa volonté d’en finir avec les rapports de force coloniaux et d’assumer réellement aujourd’hui son attachement aux principes des droits de l’Homme dont l’esclavage et la politique coloniale l’ont fait s’écarter dans le passé. Il pourrait consister à poser le principe d’un remboursement des sommes indûment exigées de son ancienne colonie d’Haïti pour le prix de son émancipation.

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