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Le Comité régional d'Ile-de-France de la Ligue des droits de l'Homme a adressé les quatre questions suivantes aux candidats aux élections régionales :
1/ Que proposez-vous pour que la Région Ile-de-France favorise les droits et les libertés ?
2/ Etes-vous favorable au déploiement de caméras de vidéosurveillance dans les espaces et équipements publics (notamment les lycées) du Conseil Régional ? Pourquoi ?
3/ Alors que les électeurs votent pour la dernière fois pour élire leurs conseillers régionaux, quelles seront selon vous les conséquences du projet de réforme des collectivités territoriales en matière de démocratie ?
4/ Quelle est votre position sur le cumul des mandats ?

Vous trouverez ci-après les réponses reçues :

duflot.jpgCécile Duflot, tête de liste Europe écologie Ile-de-France (réponse le 24/02/2010) :
1/ Que proposez-vous pour que la Région Ile-de-France favorise les droits et les libertés ?
Renforcer les droits et les libertés procède d'une démarche globale. Accès aux droits fondamentaux et renforcement des services publics, protection des publics discriminés, défense des libertés publiques et de l'accès aux droits, sont des problématiques différentes mais étroitement liées.
Sur la défense des droits fondamentaux, nous souhaitons affirmer notre attachement au droit au logement en doublant le budget Logement du Conseil régional. Nous soutenons le droit d'accès à l'eau en souhaitant rendre les 40 premiers litres gratuits pour chaque Francilien-ne.
Nous souhaitons également favoriser le droit à la Culture avec une politique centrée sur les structures de proximité. Concernant le service public du transport, le Pass navigo vert à zone unique sera une mesure de solidarité territoriale. Les tickets à 1 € le soir et le week-end permettront à toutes et tous de se déplacer en Ile-de-France. Nous souhaitons également favoriser le droit d'initiative citoyenne (22.000 pétitionnaires obligeraient le conseil régional a procéder à une délibération) et mettre en place de réel budgets participatifs pour les lycées Concernant la défense des publics discriminés, nous voulons parvenir à l'égalité femme-homme en ayant une politique active dans le domaine (égalité parmi les employés du conseil régional, accès aux différents moyens de contraception, soutiens aux structures d'assistance aux femmes victimes de violence). Nous souhaitons également mettre en place des politiques
spécifiques pour les personnes fragilisées du fait de leur âge ou de leur handicap (logements adaptés, gratuité pour les titulaires de l'AAH). Nous voulons également mieux sensibiliser l'ensemble des francilien-ne-s aux problématiques LGBT. Enfin, il est urgent de créer des structure pour défendre la sécurité des prostitué-e-s.
Nous voulons également faciliter l' accès aux droits à toutes et tous, en créant un Pôle justice régional, composé d'avocats et de personnalités qualifiées. Cette instance permettra de faciliter l'accès aux droits pour des usagers du service public, des associations (discriminations, santé, logement) et devrait aussi permettre à la Région de déposer des plaintes, voire de faire des études concernant les atteintes aux libertés publiques. Dans la limite des compétences régionales, nous souhaitons également soutenir les procédures de justice réparatrice et voulons généraliser la formation pour l'ensemble des personnes détenues. Ces dispositifs facilitent la réinsertion, objectif totalement ignoré des politiques actuelles. Les peines alternatives et l'amélioration de la réinsertion permettent pourtant de limiter le recours à l'atteinte extrêmement grave aux libertés que constitue la détention.
2/ Etes-vous favorable au déploiement de caméras de vidéosurveillance dans les espaces et équipements publics (notamment les lycées) du Conseil Régional ? Pourquoi ?
Les Verts se sont vigoureusement opposés au plan parisien de vidéo-surveillance, visant à installer 1000 caméras supplémentaires dans la capitale. La vidéosurveillance, que certains voudraient renommer vidéo-protection (comme si une caméra pouvait protéger d'une agression) fait l'objet d'un aveuglement sécuritaire dans notre pays.
L'expérience britannique, pays où les caméras ont été massivement déployées, devrait pourtant nous alerter. Malgré un coût prohibitif (les caméras parisiennes coûteront en moyenne 65.000 euros à l'installation), leur efficacité est extrêmement limitée. Les violences récentes à Thiais ont montré leur inefficacité à endiguer la violence.
Nous préférons déployer des moyens humains aux dispositifs coûteux et inutiles. Si nous ne sommes pas opposés à l'installation de quelques rares caméras, dans des problématiques de sécurité très définies et restreintes, les systèmes de vidéo-surveillance, notamment sur voie publique sont à prohiber. Les lycées ne doivent pas se replier sur eux-mêmes, mais au contraire s'ouvrir sur la société.
3/ Alors que les électeurs votent pour la dernière fois pour élire leurs conseillers régionaux, quelles seront selon vous les conséquences du projet de réforme des collectivités territoriales en matière de démocratie ?
Les Verts n'étaient pas opposés par principe à une réforme, une rationalisation et une démocratisation des collectivités territoriales. Nous sommes extrêmement déçues du résultat.
L'extension du scrutin de liste aux communes de plus de 500 habitants est un des rares éléments positifs.
Sinon, sur l'indispensable démocratisation des communautés de communes le gouvernement ne va pas assez loin. La suppression de la clause de compétence générale pour les régions est un grave recul, pour l'action et la liberté des régions, d'autant qu'elle est accompagnée d'une quasi-suppression de l'autonomie financière des régions.
Enfin l'élection des conseillers territoriaux au scrutin majoritaire à un tour, représente un grave recul démocratique, pour la parité et la juste représentation des opinions. Nous y sommes vigoureusement opposés. C'est une basse manipulation électorale de l'UMP, parti hégémonique à droite.
4/ Quelle est votre position sur le cumul des mandats ?
Les Verts ont toujours eu une position très claire sur le cumul des mandats, y compris en interne du mouvement. Nous sommes contre le cumul de plus d'une fonction exécutive et d'un mandat. Cela doit s'accompagner d'un véritable statut de l'élu, d'un encadrement des possibles conflits d'intérêts, d'une charte éthique des élus et d'une formation aux bonnes pratiques de gestion.


besancenot.jpgOlivier Besancenot, tête de liste NPA Ile-de-France (réponse le 28/02/2010) :
1/ Que proposez-vous pour que la Région Ile-de-France favorise les droits et les libertés ?
Nous sommes pour :
- développer une vraie démocratie régionale en donnant aux citoyens, usagers et salariés un pouvoir décisionnaire au sein des différentes instances régionales ( Conseil Régional, STIF, …)
- créer une autorité régionale de lutte contre les discriminations et d’accueil des femmes victimes de violence
- refuser d’appliquer l'ensemble des lois liberticides
D'une façon plus générale, nous sommes pour engager une rupture démocratique dans les régions. Parce que pour défendre les droits et libertés, il faudra se confronter à la fois au patronat, au gouvernement et à l’état, la participation et la mobilisation des populations seront indispensables.
Nous nous prononçons :
- pour la suppression du cumul des mandats des conseillers régionaux, pour la limitation du nombre des mandats des élus.
- pour que les élus rendent compte publiquement de leur action dans des bilans de mandature au minimum annuels.
- placer les services publics régionaux sous le contrôle des usagers ainsi que des personnels concernés.
- pour que les grands choix, notamment d’investissement, soient soumis au suffrage populaire, à travers des référendums.
2/ Etes-vous favorable au déploiement de caméras de vidéosurveillance dans les espaces et équipements publics (notamment les lycées) du Conseil Régional ? Pourquoi ?
Nous sommes contre la vidéo-surveillance. Nous faisons partie du collectif contre la vidéo-surveillance  et militons pour le démantèlement de tous les réseaux de vidéo-surveillance.
Nous sommes contre la société du fichage , de la surveillance à outrance, du déni des libertés publiques et individuelles. De plus, la vidéo-surveillance ne présente aucune efficacité contre les insécurités. Pour nous les raisons de l’insécurité sont avant tout sociales et c’est à ces problèmes qu’il faut s’attaquer, pas prétendre les régler par la surveillance généralisée. Au moment même où par exemple dans l'éducation nationale, on a supprimé des dizaines de milliers de postes ces dernières années, on ne peut prétendre apaiser les collèges et lycées par des mesures de surveillance ou de « flicage »...
3/ Alors que les électeurs votent pour la dernière fois pour élire leurs conseillers régionaux, quelles seront selon vous les conséquences du projet de réforme des collectivités territoriales en matière de démocratie ?
Il s'agit de forcer les collectivités à se mouler dans le cadre des politiques néolibérales comme celle de la RGPP. Mais aussi de permettre à la droite de reconquérir des positions au plan local par la création de conseillers territoriaux. Pour un gouvernement qui laisse filer l'endettement public et supprime des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires, il est insupportable de ne pas exercer un contrôle strict sur les collectivités qui réalisent 73% de l'investissement public et, selon Nicolas Sarkozy « continuent à créer plus d'emplois que l'État n'en supprime ».
L’objectif du gouvernement est à cette étape d’affaiblir les départements au bénéfice des régions, et d’imposer une bipolarisation par le scrutin à un seul tour.
Le NPA est :
- pour le maintien de la clause de compétence générale
- la proportionnelle intégrale à toutes les élections, contre le scrutin uninominal à un tour, contre les élections à deux degrés (intercommunalités...)
- le maintien d’une taxe professionnelle réformée, dans le cadre d’une réforme radicale de la fiscalité
- la défense du statut des personnels des collectivités territoriales, suppression des emplois précaires
- le maintien et renforcement du rôle des chambres régionales des comptes, renforcement des possibilités de contrôle de la population sur tous les actes des collectivités locales.
4/ Quelle est votre position sur le cumul des mandats ?

Nous sommes totalement opposé au cumul des mandats. Plus globalement, nous pensons que la politique ne doit pas être une profession.
A notre échelle, une fois élus, nos militants versent leurs indemnités au parti et gardent le salaire qu’ils avaient « dans le civil ». C'est le meilleur moyen de s'assurer que la politique ne devienne pas un métier au service de quelques-uns.



jean-paul-huchon.jpgJean-Paul Huchon, tête de liste PS Ile-de-France (réponse le 12/03/2010) :
1/ Que proposez-vous pour que la Région Ile-de-France favorise les droits et les libertés ?
Depuis 2004, le Conseil régional s’est fortement mobilisé en faveur de l’égalité des droits et de l’expression des citoyens. Je suis fortement attaché à cette politique et je souhaite la poursuivre après les élections régionales. Je souhaite avant toute chose revenir sur ce que nous avons fait depuis six ans afin de favoriser la participation des franciliens au débat citoyen autour de la chose publique. La Région Ile-de-France s’est engagée dans une démarche active d’approfondissement de la démocratie régionale. Au côté de la création d’instances participatives (conseil régional des jeunes, conseil de l’égalité et conseil consultatif des citoyens handicapés), le Conseil régional ancre le débat citoyen au sein du territoire francilien en s’impliquant dans la vie associative et citoyenne. Les appels à projet ont ainsi permis d’aider de nombreuses associations tant dans le domaine de la lutte contre les discriminations que dans celui de la participation citoyenne et démocratique. Nous avons également soutenu, via le fonds régional de développement de la vie associative (FRDVA), les actions des grandes fédérations associatives pour aider au développement de ces acteurs incontournables de notre démocratie. Je propose d’aller plus loin en faveur des droits et des libertés dans notre région en créant notamment un observatoire régional contre les discriminations qui aura pour objectifs de produire des recommandations et de mener des études concernant toutes les formes de discrimination qu’elles soient liées au genre, à l’origine géographique, à l’apparence, à l’âge à la religion, à l’état de santé, à l’orientation sexuelle… Il s'articulera naturellement avec les travaux menés dans le cadre du Conseil de l'égalité d'Île-de-France. Pour rapprocher les citoyens des décisions régionales, j’entends introduire un droit de pétition régional qui permettra d'inscrire une proposition à l'ordre du jour des commissions compétentes du Conseil régional dès lors qu'elle aura reçu le soutien, par voie de signature, de 100 000 Franciliennes ou Franciliens, représentant les huit départements de la région. Un débat au sein du Conseil régional pourra également être organisé. Je souhaite également doubler le montant affecté au FRDVA et le porter ainsi à 2 millions d’euros (soit un quadruplement depuis 2008).
2/ Etes-vous favorable au déploiement de caméras de vidéosurveillance dans les espaces et équipements publics (notamment les lycées) du Conseil Régional ? Pourquoi ?
Quels que soient les outils et les moyens, rien n’est vraiment efficace sans véritable politique de prévention et sans les moyens humains adaptés. La présence d’adultes formés, ayant un rôle éducatif, reste pour moi le meilleur rempart contre la violence à l’école. Compte tenu du rôle éducatif et pédagogique que ces adultes doivent jouer, il ne saurait être envisageable pour la Région de se substituer à l’Etat dans le recrutement, la formation et l’affectation de ces personnels. Depuis 1999, la Région consacre 5 millions d’euros par an à la sécurité des lycées, en dotant les établissements des équipements indispensables : sécurisation des accès (aménagement des parvis, rehaussement des clôtures, création de sas, pose de grillages, mise en place de portails de sécurité), installation d’alarmes, notamment anti-intrusion, de caméras de vidéosurveillance … Ces travaux ont concerné la quasi-totalité des 471 lycées franciliens. Cependant, si les caméras peuvent se révéler utiles pour aider au contrôle des accès dans des établissements particulièrement étendus ou possédant plusieurs points d’entrée, comme le souligne une étude commandée par la  Région à l’IAURIF, ces systèmes de vidéoprotection dans les lycées n’ont de sens et d’effet que dans le cadre d’un projet plus global, parfaitement établi, connu et partagé par l’ensemble de la communauté scolaire. C’est pourquoi, j’ai souhaité que toute demande d’installation de caméras fasse l’objet d’un cahier des charges de mise en œuvre précis, assorti d’un diagnostic préalable de la situation et fixant les objectifs et limites de l’utilisation de celui-ci, présenté, discuté et validé par le conseil d’administration de l’établissement. Ce n’est qu’à cette condition que la Région donne son accord à la mise en place de vidéoprotection. Enfin, en ce qui concerne les systèmes de contrôle biométrique, j’ai signifié aux établissements mon opposition totale à leur mise en place et refusé tout financement de ceux-ci.
3/ Alors que les électeurs votent pour la dernière fois pour élire leurs conseillers régionaux, quelles seront selon vous les conséquences du projet de réforme des collectivités territoriales en matière de démocratie ?
J’ai déjà eu l’occasion de m’opposer à cette « réforme » territoriale qui remet en cause près de 30 ans de décentralisation. Le gouvernement laisse croire que la diminution de moitié du nombre d’élus locaux va rendre la France plus efficace et moins dépensière. Mais c’est faux. C’est nier le besoin de proximité des populations et l’importance des services publics assurés par les collectivités locales. Le Gouvernement cherche à reprendre par la loi ce que la droite n’a pas pu gagner par les urnes, bafouant ainsi le vote des électeurs et la démocratie. Avec le scrutin majoritaire à un tour et une dose de proportionnelle, un candidat va pouvoir être élu conseiller territorial avec seulement 20% des suffrages dés lors qu’il est en tête au premier tour… Je ne crois pas que la démocratie y gagnera, bien au contraire. Comme il l’a fait avec le projet de loi Grand Paris, le Gouvernement impose un texte sans concertation et qui fait l’objet de contestation d’élus de tous bords, y compris ceux de la majorité présidentielle au Sénat. Une réforme territoriale est nécessaire. Mais pas celle-ci. La réforme territoriale doit permettre de conforter la place de la décentralisation, pour donner aux collectivités l’autonomie, les outils et les moyens d’assumer pleinement leur rôle parce qu’ils connaissent au plus près les problèmes et les besoins de leur territoire..
4/ Quelle est votre position sur le cumul des mandats ?
Je suis fier de pouvoir être un président de région à plein temps. En ne cumulant pas plusieurs mandats, je peux plus facilement me consacrer à la tâche pour laquelle les Franciliens m’ont déjà accordé leur confiance. L’enjeu est de taille et la complexité de la gestion d’une collectivité territoriale comme notre Région suppose un engament sans faille, un engagement entier, totalement dédié à cette activité. Je suis toutefois conscient des obstacles qui existent encore dans notre société en l’absence d’un réel statut de l’élu. Je suis un fervent militant de ce statut qui élargirait notamment les possibilités d’élection pour les citoyens.


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