Présentation des actions de la LDH dans le sud du département des Hauts-de-Seine
Michel Zumkir de la section des arrondissements 10 et 11 de Paris de la Ligue des droits de l'Homme a animé une émission sur Radio Libertaire le 7 août sur le thème : "Le droit d’asile des homosexuel(le)s et transexuel(le)s".
Ci-après quelques extraits des propos tenus par Philippe Colomb de Solidarité Internationale - LGBT :
Quelle est globalement la situation des droits LGBT (lesbien, gay, bi trans) dans le monde ?
L'homosexualité devient un sujet de discussion dans l'espace public et cela
dans toutes les sociétés. Ce n'est plus un tabou, cela est discuté ouvertement (de façon positive ou négative).
Combien de pays condamnent aujourd'hui l'homosexualité ?
Au niveau des lois, il y a un peu plus de 70 pays qui condament l'homosexualité (essentiellement masculine)
et 7 pays qui vont jusqu'à la peine de mort.
Toutefois, il faut savoir qu'il y a des pays ayant des lois qui condamnent l'homosexualité mais qui n'appliquent pas ces lois. Et inversement, il y a des pays qui n'ont pas de dispositifs
légaux mais qui utilisent des lois tels que le blasphème ou la prostitution pour poursuivre les homosexuels.
Dans quel pays cela se passe-t-il mal pour les homosexuels ?
Partout mais de façon différente.
Ainsi en France, il n'y a plus de répressions mais il y a encore des meurtres et des agressions envers des personnes du fait de leur orientation sexuelle.
Au Brésil, pays très progressiste en faveur des droits des homosexuels, est également le pays où l'on rencontre le plus de meurtres commis par des groupuscules paramilitaires
(brigades de la mort ou comités de salut public).
Il y a aussi des pays où cela se passe mal mais au niveau même de l'Etat, notamment par rapport à la répression policière. Les exemples viennent ici principalement de l'Europe de l'Est et
notamment de la Russie où on a vu la répression des forces de l'ordre contre des manifestants homosexuels. Il y a également l'exemple de la Turquie où des préfectures ont refusé d'enregister
les dépots des statuts d'une association de défense des droits LGBT, jugeant celle-ci attentatoire à la morale publique.
Sur quoi se base cette violence ?
La justification des violences s'appuie essentiellement sur la moraleliée aux différentes religions. Ainsi, les 7 pays appliquant la peine de mort pour l'homosexualité sont
des pays de culture musulmane.
Les religions monothéistes sont très souvent invoquées pour justifier les attaques contre les homosexuels.
Quelle est la situation pour les lesbiennes ?
Le mouvement LGBT ne s'est que très tardivement intéressé à la condition des femmes. Il y a donc que très peu de données sur la lesbophobie et peu de visibilité sur la situation des
lesbiennes.
On remarque toutefois que l'homosexualité féminine est aujourd'hui considérée comme moins transgressive que l'homosexualité masculine.
En revanche, on note aussi qu'il n'existe que peu de lieux de libertés pour les lesbiennes contrairement à l'homosexualité masculine.
Par ailleurs, l'épidémie du sida a entraîné (notamment en Afrique) une plus grande visibilité des lesbiennes qui ont pris la tête d'associations et sont devenues des meneuses.
Et les transexuels ?
On assiste à un problème ici d'accès aux soins qui entraîne une grande disparité entre pays les plus riches et les plus pauvres.
Globalement, les sociétés ont beaucoup plus intégré, accepté cette transgression que l'homosexualité.
C'est notammenbt le cas en Inde ou bien encore en Iran (où l'homosexualité est condamnée mais où l'on accepte les transexuels en leur fournissant les soins nécessaires).
Dans différentes sociétés, il est souvent moins grave pour un homme de devenir une femme plutôt que d'être un homme qui se comporte comme une femme.
Toutefois, si la transexualité est globalement bien acceptée, celle-ci s'accompagne souvent d'un mépris social. Les transexuels sont alors assignés à une classe dévalorisée. Ainsi, en
Amérique latine, les transexuels sont acceptés mais uniquement dans le domaine de la prostitution ou dans le secteur du spectacle
Vers une dépénalisation internationale de l'homosexualité ?
En décembre 2008, la déclaration sur la dépénalisation de l'homosexualité dans le monde devant l'assemblée générale des Nations-Unies a été une grande avancée. C'est une étape très
importante que l'on doit beaucoup à la ministre Rama Yade. L'objet n'était pas d'accorder des droits nouveaux aux homosexuels mais de montrer que la charte des Nations unies
inclut de s'intéresser à l'identité de genre.
La prochaine étape serait une résolution. Mais peut-être est-ce un peu trop tôt ?
Pour aller plus loin :
- Radio Libertaire (89.4 FM) : http://media.radio-libertaire.org (l'émission peut être téléchargée pendant une semaine sur http://media.radio-libertaire.org/php/grille.php)
- Solidarité internationale LGBT : www.si-lgbt.org
