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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 15:05
Contre le communautarisme, faisons voter les étrangers !

Jean de Boishue, ancien secrétaire d'Etat du gouvernement Juppé s'exprime dans Le Monde du 04/01/2014 et réclame le droit aux étrangers en situation régulière afin de trouver de nouveaux chemins d'intégration :

A l'approche des élections municipales du mois de mars, la question du droit de vote des étrangers va de nouveau se poser. Depuis trente ans, la gauche française joue un jeu hésitant. En 1981, François Mitterrand avait été le premier à inscrire dans ses 101 propositions le droit de vote aux élections locales pour les étrangers " vivant depuis plus de cinq ans sur le sol français ".

Une fois élu, le président socialiste s'était empressé d'oublier sa promesse, considérant que " l'état de nos mœurs " ne permettait pas de voter une telle mesure. Depuis, la société a évolué mais le récent chassé-croisé entre M. Valls et M. Ayrault témoigne de la persistance de cette hésitation alors que, depuis vingt ans, une dizaine de pays de l'Union européenne, dont le Luxembourg, la Belgique, l'Irlande, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, ont accordé ce droit aux extracommunautaires.

Ainsi, si le débat sur le droit de vote des étrangers divise autant la société française, c'est surtout en raison des craintes de dérives communautaristes évoquées par les adversaires d'un tel projet. Cette réforme violerait en outre le lien nécessaire entre nationalité et citoyenneté et pourrait, in fine, faire le jeu du Front national.

La grande difficulté de ce débat tient en réalité à sa complexité. Elle échappe en partie aux clivages partisans. Il existe à gauche des adversaires résolus du droit de vote des étrangers qui considèrent que ce droit est, depuis la Révolution française, inhérent à la citoyenneté et à la souveraineté. Les étrangers doivent d'abord devenir français avant de prétendre voter. Mais il existe aussi à droite des partisans du droit de vote des étrangers quand il est accordé à des individus vivant depuis plusieurs années dans une commune en y payant leurs impôts. On oublie qu'avant d'être élu président de la République Nicolas Sarkozy y était favorable.

L'opinion est partagée. Après y avoir été favorable avant 2012, elle semble, d'après les sondages, avoir changé, même si la proportion de Français opposés à ce droit semble à nouveau en baisse, notamment chez les jeunes qui seraient désormais ouverts à une telle réforme.

Il importe moins d'éplucher les sondages que d'essayer de réfléchir sur les tenants et les aboutissants d'une telle réforme, mais aussi sur les effets d'une absence de réforme. Les adversaires du droit de vote des étrangers considèrent que cette mesure serait de nature à favoriser les communautarismes et donc de freiner l'intégration de populations étrangères. Mais peut-on, à l'inverse, affirmer que l'intégration sera facilitée en France si on refuse aux étrangers légalement établis dans notre pays le droit de vote aux élections locales ? N'est-ce pas au contraire le pari inverse qu'il faut faire ?

En donnant le droit de vote à des étrangers qui se conforment aux lois de notre pays, on crée un cercle vertueux susceptible de favoriser l'intégration de ces derniers à la communauté française. D'ailleurs, dans tous les projets évoqués, le droit de vote ne peut être accordé qu'à des personnes vivant depuis plus de cinq ans en France et donc ayant vocation à acquérir la nationalité française de par la loi. En devançant la naturalisation par la citoyenneté locale, c'est une façon pour la République de montrer sa volonté de faire un geste envers ceux qu'on entend détourner des tentations communautaires.

Force est de constater que nous sommes désemparés devant l'ampleur des phénomènes migratoires. Nous nous disions de culture universelle quand la France était une grande puissance, quand la langue française dominait l'Europe. Et maintenant ? Oui, maintenant que les rapports de force dans le monde ont changé, qu'il n'existe plus de cultures dominantes, que des populations se sont mises en marche, devrions-nous renoncer à tout : notre singularité, notre humanisme, notre talent d'enrichir la nation par d'autres modèles que les nôtres ?

Assurer la continuité française, c'est ne jamais renoncer à intégrer. Se barricader dans nos frontières condamne la France à mourir exsangue. On a perdu la recette de l'intégration à la française. La voie royale de l'école de Jules Ferry n'y suffit plus : elle plie sous le nombre, elle doute, en proie à la violence des vents du monde, elle souffre de défiances. Si je crois indispensable de donner ce droit aux étrangers en situation régulière, c'est parce qu'il est urgent de trouver de nouveaux chemins d'intégration. Gauche et droite sont contre. A tort : il est grand temps de renoncer à nos blocages millénaristes.

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 09:30

« Notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens » disait Nelson Mandela... Ci-après un extrait de l'article de Laurent Zecchini paru dans Le Monde du 25/12/2013 :

La disparition récente de Nelson Mandela a contribué à donner un surcroît de notoriété au vote de l'Association des études américaines (ASA) intervenu lundi 16 décembre : d'un seul coup, les militants de la campagne BDS (boycottage, désinvestissement et sanctions), qui s'efforcent depuis 2005 d'entraîner une mobilisation internationale contre la politique d'Israël envers les Palestiniens, se sont mis à croire au succès de leur stratégie.
S'il est peu réaliste de comparer ce mouvement à la lutte victorieuse des militants anti-apartheid contre le régime sud-africain à la fin des années 1980, tout nouveau succès de la campagne BDS – à plus forte raison s'il survient aux Etats-Unis – a tendance à accentuer l'isolement du gouvernement israélien.
La décision prise par l'ASA, qui regroupe 5 000 professeurs américains, de boycotter les universités israéliennes, considérées comme solidaires de la politique d'occupation des territoires palestiniens, a déclenché une vague de réactions dans le monde universitaire américain et en Israël.
L'ASA n'est pas la plus importante des associations académiques américaines, mais elle est la plus ancienne. Surtout, elle est la première à rejoindre un mouvement international de boycottage de l'Etat juif qui, jusque-là, n'avait enregistré des succès limités qu'en Europe, en particulier dans certains pays scandinaves, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne. L'ASA a été imitée par une autre association américaine, la NAISA, spécialisée dans les études indiennes.
Certains militants de la campagne BDS veulent y voir le début d'un effet " boule-de-neige ". Ils soulignent qu'en janvier la puissante Association des langues modernes (MLA), qui regroupe 30 000 membres, a prévu de consacrer sa convention de Chicago à la question du boycottage académique d'Israël. Dans un entretien au Monde, le Palestinien Omar Barghouti, cofondateur de la campagne BDS, parle d'une " progression spectaculaire "." Israël, souligne-t-il, était considéré il n'y a pas si longtemps comme au-dessus de tout débat. Aujourd'hui, alors que sa valeur stratégique est mise en question aux Etats-Unis, il perd de plus en plus la bataille des cœurs et des esprits. "
Omar Barghouti se félicite que Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, ait qualifié le mouvement BDS de " menace stratégique ". Il livre une longue liste d'associations qui ont rejoint ce mouvement, et rappelle que le compromis auquel ont récemment abouti Israël et l'Union européenne (UE), s'agissant des " lignes directrices " de l'UE, signifie que cette dernière n'acceptera pas que des colonies puissent profiter des avantages financiers de son programme scientifique Horizon 2020. Un tel résultat est encore hors de portée aux Etats-Unis, où Israël dispose de puissants soutiens dans l'administration et au Congrès.

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 09:17

Le sort réservé aux jeunes étrangers isolés, mineurs ou jeunes majeurs, dans les Hauts-de-Seine est inacceptable !

Même si officiellement le Conseil général ne refuse pas, comme le font sans scrupule d'autres départements, de prendre en charge ces adolescents et ces jeunes adultes, il est néanmoins loin de respecter ses obligations légales en la matière. De nombreux témoignages montrent qu'une stratégie a été mise en place afin que l'aide sociale à l'enfance (ASE) ne joue pas son rôle d'accueil pour une grande partie des jeunes étrangers isolés qui s'adressent à ses services. Ces jeunes se retrouvent par conséquent renvoyés à la rue et à l'errance, alors qu'ils ont parfois à peine 16 ans.

Pourtant ce département est loin d'être celui d'Île-de-France qui accueille le plus de jeunes dans cette situation et il ne peut donc pas se servir du prétexte, utilisé ailleurs, de la «charge financière excessive» pour justifier une telle politique.

Les signataires dénoncent ce qui constitue une maltraitance institutionnelle à caractère discriminatoire et s'engagent à agir pour :

* le respect des lois en matière de prise en charge des mineurs et des jeunes majeurs isolés par l'aide sociale à l'enfance des Hauts-de-Seine, quels que soient leur nationalité et leur âge.

* la scolarisation de tous les mineurs et jeunes majeurs étrangers isolés, gage de leur insertion dans notre société.

* le droit à un titre de séjour pour tous les jeunes majeurs étrangers pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, quel que soit l'âge à partir duquel ils sont accueillis, alors que, dans l'état actuel de la loi, seuls ceux qui l'ont été avant 16 ans y ont accès, les autres étant soumis au bon vouloir des préfets.

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 10:03

Un portrait réalisé par l'artiste balnéolais Mustapha Boutadjine a été dressé sur la façade de l'Hôtel de Ville de Bagneux et la ville invite ses habitants à un hommage samedi 14 décembre à 18h30.

Hommage à Nelson Mandela, samedi 14 décembre à Bagneux
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 22:02
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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 19:52
Victor Basch, 70 ans après son assassinat

Ancien président de la Ligue des droits de l’Homme, Victor Basch est assassiné avec son épouse Ilona, le 10 janvier 1944 près de Lyon par la milice française et la Gestapo. Des commémorations sont d’ores et déjà programmées à Rennes (35), à Villeurbanne (69) et à Montrouge (92) en l’honneur de cet homme d'action, fervent dreyfusard, militant acharné de la défense du droit et de la justice.

La Ligue des droits de l’Homme et du citoyen, tout en appuyant récemment l’entrée simultanée de plusieurs femmes au Panthéon, estimait également « que le rôle de Victor Basch mérite lui aussi d’être honoré par la République et que celui-ci pourrait, avec sa femme Ilona, être inhumé dans le haut lieu de la République que constitue le Panthéon » .

C’est à Rennes, à l’occasion de l’affaire Dreyfus, que débute l’engagement politique de Victor Basch. Ce combat l’amène à faire partie dès juin 1898 des premiers adhérents de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen dont il assurera la présidence de 1926 jusqu’à sa mort, et à jouer un rôle essentiel dans la fondation de la section de Rennes, une des premières à voir le jour. En sa mémoire, la section de la Ligue des droits de l’Homme de Rennes organisera le vendredi 10 janvier 2014 une journée d’hommage sur le thème « Militer hier et aujourd’hui » avec la participation d’historiens et de responsables associatifs et politiques.

L’engagement militant de Victor Basch l’amène à être également un acteur important du Front populaire. C’est ainsi qu’il préside à Montrouge, le 14 juillet 1935, au vélodrome Buffalo, les "Assises de la paix et de la liberté", évènement fondateur du Front populaire et de ses avancées sociales. La section de la Ligue des droits de l’Homme de Montrouge dévoilera une plaque rappelant cet événement, le mercredi 16 avril 2014, rue Victor Basch à Montrouge.

Réfugié pendant la guerre, avec son épouse Ilona, à Caluire-et-Cuire (69), Victor Basch devient membre du comité directeur du mouvement de résistance Front national pour la zone sud. Arrêtés tous les deux le 10 janvier 1944 par la milice française et la Gestapo, ils sont assassinés à Neyron (01) et sont inhumés à la Nécropole nationale de la Doua, à Villeurbanne (69). La Fédération de la Ligue des droits de l’Homme du Rhône invitera à se recueillir sur leur tombe le vendredi 10 janvier 2014 et proposera une projection-débat autour du film documentaire "Victor Basch, dreyfusard de combat".

Le 10 janvier 2014, cela fera 70 ans que Victor Basch fut tué, avec son épouse Ilona, pour ses engagements et du fait de ses origines. Les assassins déposèrent sur leurs corps l’inscription "Terreur contre terreur : le juif paye toujours". Alors qu’en France les propos racistes se multiplient, les diverses commémorations qui se dérouleront autour de l’action militante et de l’assassinat de Victor Basch appuieront la volonté de la Ligue des droits de l’Homme de dénoncer sans relâche et sans complaisance les incitations actuelles à la haine et de refuser que la brutalité verbale toujours annonciatrice de passages à l’acte dramatiques envahisse l’espace démocratique.

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 15:19

L’article 16 de la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel prévoit la création d'une contravention de 5e classe sanctionnant le recours à la prostitution. Il s’agit de la contravention la plus élevée dans l’échelle des infractions contraventionnelles pour laquelle son auteur présumé sera convoqué devant le tribunal de police. La recommandation adoptée préconise d’assortir cette peine d’une peine complémentaire « consistant en un stage de sensibilisation aux conditions d’exercice de la prostitution ».

Cependant, comme ce fut le cas en 2003 par la loi sur la sécurité intérieure qui a érigé le racolage en délit, une telle mesure conduira surtout à renvoyer les femmes qui exercent sur la voie publique à la clandestinité. Les conséquences d’un tel dispositif seront donc une augmentation des risques sanitaires, en diminuant les actes de prévention.

Dans une résolution adoptée en 2002, la Ligue des droits de l'Homme disait déjà :

« Nous ne sommes pas plus partisans de légaliser que d’interdire. La prostitution ne doit relever ni d’un droit spécifique ni du non-droit, mais des droits communs à tous, dans une perspective réellement égalitaire : délivrance d’un titre de séjour, droits sociaux, accès aux soins gratuits, droit au logement ; reconnaissance d’un statut de victimes pour les personnes liées à un réseau de prostitution, en même temps que possibilités concrètes de mises à l’abri, éventuellement gérées par des associations agréées ; aides à la réinsertion. Et cela sans conditions préalables de dénonciations des réseaux et des proxénètes, ni retour forcé dans leur pays d’origine, contrairement au protocole de Vienne (décembre 2000) qui met en place un véritable dispositif de chantage ou aux méthodes encore plus expéditives envisagées par le ministre de l’Intérieur.

Il y aurait, enfin, une hypocrisie certaine à ne pas se préoccuper de l’attitude de ceux qui considèrent que le corps d’une femme ou d’un homme est un objet de consommation. Si les législations répriment les proxénètes de métier, elles sont, à quelques exceptions près, muettes sur les responsabilités des clients. Sans doute, un souci d’efficacité amène à considérer les solutions répressives comme improductives : elles ne feraient que rejeter dans la clandestinité tous les acteurs, rendant encore plus sordide et dangereux l’acte de prostitution. Sans doute aussi, ne change-t-on pas une réalité aussi ancienne par le seul recours à l’interdit légal. Il n’en reste pas moins que l’on doit réfléchir aux formes que doit prendre la responsabilité des clients. A ce titre, il faut, dès aujourd’hui, informer et éduquer, combattre le silence, les préjugés archaïques et les complaisances sexistes qui encore aujourd’hui, autour des pays théoriquement les plus développés, creusent d’épouvantables zones d’exploitation, de souffrance et d’inégalité. »

Pour en savoir plus : http://www.ldh-france.org/Lutter-contre-la-prostitution-une.html

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 12:24

La bourse du travail de Malakoff propose à cette occasion projection-débat, exposition et animations irlandaises.

Réservations : : boursedutravailmalakoff@gmail.com - Tél. : 01 55 48 06 43

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 13:19

Tribune de Gilles Manceron, membre du Comité central de la Ligue des droits de l'Homme, publiée par Médiapart :


Bien peu de Français savent qu’il y a tout juste deux-cent-dix ans, le 18 novembre 1803, a eu lieu, un siècle et demi avant Diên Biên Phu, la première défaite d’un corps expéditionnaire français envoyé combattre une guerre d’indépendance d’un peuple colonial : la bataille de Vertières. Par elle, quelques semaines plus tard, Saint-Domingue, devenue Haïti en janvier 1804, a été la première colonie française à conquérir son indépendance.

Mais pour prix de son indépendance et afin de permettre que d’autres États la reconnaissent à leur tour, la France lui a imposé en 1825 le paiement d’une somme de 150 millions de francs « destinée à dédommager les anciens colons qui réclameront une indemnité ».

Haïti dut emprunter –en l’occurrence auprès de banques françaises– pour payer cette somme, qui fut réduite en 1838 par un traité inégal, imposé par la France, à 120 millions au total, auxquels s’ajoutaient les intérêts de l’emprunt qu’Haïti avait dû contracter pour effectuer le premier versement. Du fait de ce paiement qui, sous la Troisième République, a duré jusqu’en 1883, suivi de celui des intérêts versés à des banques françaises jusqu’en 1915, la France a infligé à Haïti un coût à son indépendance qui a considérablement entravé son développement. Ce préjudice historique n’a été que partiellement reconnu dans le rapport remis en 2004, à la demande du ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, par le Comité indépendant de réflexion et de proposition sur les relations franco-haïtiennes, rédigé par Régis Debray.

Ces faits sont emblématiques du « trou de mémoire » des institutions et de la société française vis-à-vis des crimes et des forfaits que la politique coloniale les ont conduit à commettre dans le passé. Mettre fin à leur déni et à leur occultation implique, avant tout, leur reconnaissance par nos institutions et la diffusion dans notre société du XXIe siècle de la connaissance de ces faits qui font partie de notre histoire.

Mais la Ligue des droits de l’Homme estime aussi que la France pourrait faire un geste fort, de nature à renforcer l’image et la crédibilité internationale en affirmant sa volonté d’en finir avec les rapports de force coloniaux et d’assumer réellement aujourd’hui son attachement aux principes des droits de l’Homme dont l’esclavage et la politique coloniale l’ont fait s’écarter dans le passé. Il pourrait consister à poser le principe d’un remboursement des sommes indûment exigées de son ancienne colonie d’Haïti pour le prix de son émancipation.

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 09:01

Marches contre le racisme et pour l’égalité le 30 novembre, manifestation le 7 décembre pour commémorer et faire revivre l’esprit de la marche pour l’égalité, journée du 18 décembre consacrée a la solidarité avec les familles et travailleurs sans-papiers… L’agenda de la démocratie s’est déployé dans l’espace public en peu de temps. Traduisant un sursaut salutaire contre les agressions verbales et physiques de l’extrême droite, il exprime un ras-le-bol, envoie un signal fort aux forces politiques qui ont à cœur de préserver les valeurs républicaines, rappelle enfin à tous que la formule du « ventre encore fécond » n’est hélas pas qu’une formule, mais une sinistre réalité.

Le succès de la pétition « France ressaisis-toi ! » auquel nous nous honorons d’avoir contribué, la capacité de la société civile à avoir trouvé en son sein les forces et le dynamisme nécessaires à un coup d’arrêt, l’unité des forces associatives et syndicales témoignent de ce qu’il est possible de mobiliser autour des valeurs d’égalité et de fraternité.

En faire le constat est important dans une période ou la fragmentation sociale et politique s’attaque aux solidarités qui permettent le vivre ensemble et l’espoir partagé. Reste à reconduire et à élargir la méthode, dans les débats à venir, au service des causes qui nous mobilisent.

La démocratie pour tous, la justice sociale, l’égalité devant l’impôt, la santé et le logement, le refus des discriminations et des discours de mise a l’index, voire de haine, contre les étrangers, les pauvres, l’égalité hommes/femmes… Voilà quelques-uns des thèmes qui, à n’en pas douter, vont continuer de nous mobiliser dans les temps à venir. Il faut souhaiter que, comme contre le racisme, nous sachions travailler en faisant converger le maximum d’acteurs, d’histoires, d’expériences citoyennes. Et que ces efforts puissent nourrir un projet de libération humaine qui s’appuie sur l’universalité des droits. Car c’est de leur convergence, de leur unité, d’un tel projet concret que dépendra notre capacité collective à renvoyer la bête immonde aux marges dont elle n’aurait jamais dû sortir.

Pierre Tartakowsky,

Président de la Ligue des droits de l'Homme

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