BAGNEUX
Lu sur Bagneux Blog Jeunes :
Durant 3 jours, du mercredi 28 au vendredi 30 octobre 2009 s'est déroulé le festival "Regards jeunes sur la cité" à l'Espace Reuilly à Paris. Ce festival présente différents courts-métrages
réalisés par des jeunes de la France entière.
Le service jeunesse était représenté par les jeunes du Conseil Local de la Jeunesse qui avaient réalisé un court métrage autour des discriminations intitulé "Au fond des yeux", écrit et tourné durant le premier semestre 2009 avec la Maison Citoyenne.
96 films étaient en compétition cette année et le 1er prix fut décerné aux jeunes du CLJ. Durant la remise des prix, le président du jury, Pierre BEFVE (Chef opérateur image et son) a souligné la
qualité du travail cinématographique et son concept, délivrant "un message fort porté uniquement par des images, sans l'ajout de dialogues".
Lu dans Le Monde du 29/09/2009 :
Le cinéaste Paul Carpita est mort le 24 octobre à son domicile marseillais à
l'âge de 86 ans. Né le 12 novembre 1922 dans la cité phocéenne, fils d'un docker et d'une poissonnière, Paul Carpita se nommait en réalité Séraphin Carpita, et se faisait appeler Paul Courtier
dans la Résistance où son oncle avait des responsabilités. Il garde ce prénom lorsqu'il participe en 1947 à la création de Ciné-Pax, qui tournait de petits documentaires pour donner une autre
vision sociale que celle que diffusaient les actualités officielles.
Ce communiste de coeur voulait devenir instituteur. Il avait dû interrompre ses études, lorsque Pétain supprima les écoles normales, et s'était alors initié au montage. Il peut ainsi mettre en
forme les manifestations et grèves filmées par ses camarades. Des contre-actualités projetées dans des arrière-salles de bars, et dans des endroits où la présence d'un dirigeant communiste le
permettait.
Ciné-Pax dure jusqu'en 1954. Paul Carpita intégrera des archives de ces contre-actualités dans le film qu'il tourne sur un conflit social chez les dockers, Rendez-vous des quais, une histoire d'amour entre un docker et une ouvrière sur fond de cette grève de cinquante jours au cours de laquelle les employés du port de Marseille s'opposent à la guerre d'Indochine. L'armée avait réquisitionné des quais stratégiques pour installer chars et matériels militaires, ce qui créait du chômage. Le film montre les dockers déchargeant les cercueils des soldats français morts à Dien Bien Phu et la répression de la grève par les CRS.
Deux policiers des renseignements généraux sont présents dans la salle où Paul Carpita organise sa première projection. Le film est interdit par la censure au prétexte qu'il "contient des scènes de résistance violente à la force publique" et que sa projection est "de nature à présenter une menace pour l'ordre public". Au cours d'une projection, la pellicule est saisie.
Paul Carpita, qui a achevé ses études d'instituteur après-guerre, est alors muté de Marseille à Marignane durant un an, et toutes traces du film semblent perdues. Il tourne un film de commande pour les Journées mondiales de la jeunesse pour la paix, Rencontre à Varsovie (1955). Mais cette répression l'a beaucoup affecté. Déçu de ne pas être soutenu par ses amis, il se contente de tourner des courts métrages avec ses élèves, La Récréation, puis Marseille sans soleil, Des lapins dans la tête, Graines au vent, selon les méthodes du néoréalisme que prôneront aussi les cinéastes de la Nouvelle Vague, en décors naturels, caméra à l'épaule. Il démissionne de l'éducation nationale en mai 1968 pour tenter de gagner sa vie comme cinéaste, réalise des films de commande sur la sécurité au travail ou la pollution du Rhône.
Un miracle survient. Trente-cinq ans après sa saisie, en 1991, Rendez-vous des quais est retrouvé, restauré, exploité, réhabilité lors d'une séance à la Cinémathèque, enfin proposé au public. On découvre à ce moment-là que loin d'avoir été détruit, le film avait été conservé par le Parti communiste qui, à l'insu de Paul Carpita, avait procédé à des coupes et le projetait régulièrement en Europe de l'Est. Pourquoi ces coupes ? Favorable à l'indépendance de l'Indochine, le PCF était devenu hostile à celle de l'Algérie quelques années plus tard.
Dans ses Histoire(s) du cinéma, Jean-Luc Godard évoque Rendez-vous des quais. Les Cahiers du cinéma parlent d'un nouveau Renoir. Paul Carpita panse ses plaies en tournant Les Sables mouvants (1996), sur un scénario qu'il avait écrit quarante ans plus tôt. Suivra Marche et rêve ! en 2002, comédie méridionale sur des métallurgistes au chômage. Un projet, Le Dessin, n'aboutira pas. Paul Carpita venait de publier un livre d'entretiens avec Pascal Tessaud, préfacé par Ken Loach (Paul Carpita, cinéaste franc-tireur, éd. L'Echappée, 160 p., 15 euros).
Lu dans l'Humanité :
Raymond Federman est mort à l’âge de 81 ans. L’auteur de Carcasses, celui qui écrivait « pour nous divertir un peu imaginons-nous morts », va pouvoir vérifier la justesse de ses prophéties. Il
est mort mardi à San Diego, et a été incinéré. Né à Montrouge en 1928, il échappe à une rafle en 1942. À la Libération, il émigre aux
États-Unis, devient ouvrier à Detroit, puis musicien, professeur d’université et écrivain. Il produira ainsi la première thèse anglophone sur Beckett, qui deviendra son ami. Il évoquera ces
années dans la Fourrure de ma tante Rachel, Amer Eldorado 2/001 et Quitte ou double. Mêlant des recherches formelles structurales au matériau autobiographique, il avait créé le concept de «
surfiction ». Sa reconnaissance en France fut tardive mais la quasi-totalité de son oeuvre, transposée en français par lui-même, est désormais disponible.
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A lire également dans le NouvelObs, un extrait des carcasses publié en septembre 2009.
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Retour sur "Chut" de Raymond Federman, paru aux Editions Léo Scheer, en
2008 :
Juillet 1942, rafle du Vél d’Hiv’. On frappe à la porte de la famille Federman, rue Louis Rolland, à Montrouge, pour déporter Marguerite Federman, Simon Federman, Sarah Federman, Jacqueline
Federman, Raymond Federman. Mais la mère dit aux policiers : « il n’est pas là, il est à la campagne ». Elle a eu le réflexe de le cacher dans le cabinet de débarras en les entendant monter les
escaliers et lui glissant « chut » en guise de parole d’adieu. Raymond, plongé dans le noir et la peur, voit donc sa famille disparaître brutalement, se noyer dans la grande Histoire tandis qu’il
a toute une vie, une vie de miraculée, pour se demander pourquoi sa mère l’a sauvé, lui, et pas ses sœurs, et ce que signifiait ce laconique « chut ».
Raymond Federman tente de faire revivre sa famille en racontant une enfance que sa mémoire a longtemps occultée. Par bribes de souvenir et reconstruction par l’imaginaire d’épisodes oubliés à
jamais, il célèbre la mémoire des gens qu’il a aimé avec des mots simples, sans sentimentalisme ni ostentation. Il retrouve la vision naïve d’un enfant qui vit des anecdotes tantôt cruelles,
tantôt cocasses, dans une famille modeste que la guerre va bientôt anéantir. Comme dans les autre romans de Federman, il s’agit également de « surfiction ». D’un roman qui interroge le roman. Le
narrateur est donc doublé d’une seconde voix qui l’interpelle sans cesse quand il trouve qu’on sombre dans le naturalisme mièvre ou le misérabilisme. C’est la tension entre ces deux narrateurs –
le même, dédoublé – qui fait toute l’originalité de ce roman. C’est à la fois un témoignage précieux sur la guerre et un roman qui ne cesse d’interroger lui-même sa progression, qui joue des
digressions et des effets d’attente avec le lecteur, en rappelant que tout ceci n’est que littérature – et pas la retranscription fidèle de souvenirs qui se sont effacés pour la plupart après ce
traumatisme.
A lire un article dans Le Monde du 04/10/09 :
"Sur le plan musical, Mercedes Sosa était une provocatrice née, défiant les tenants de l'orthodoxie, en mêlant le folklore au rock ou en enregistrant des disques avec des chanteurs d'opéra. Elle
contribua aussi à la diffusion mondiale de l'œuvre de la poétesse chilienne Violeta Parra. Sa carrière lui a valu de recevoir de nombreuses récompenses, comme en 1992 lorsqu'elle fut déclarée
citoyenne d'honneur de Buenos Aires. "Ces prix ne me sont pas seulement décernés parce que je chante, mais parce que je pense. Je pense aux êtres humains et à l'injustice. Je pense que si je
n'avais pas pensé, mon destin n'aurait pas été le même", a-t-elle affirmé un jour."
Une affaire de nègres, un film de Osvalde Lewat sort en en salles le 23
septembre 2009.
Synopsis de ce film France / Cameroun – 2008 – 1h30 :
En un an, le commandement opérationnel, une unité "spéciale" pour lutter contre le banditisme dans la région de Douala - Ouest du Cameroun - fait plus d'un millier de victimes.
"On dit des africains qu'ils ne sont pas prêts pour la démocratie, alors je m'interroge : ont-ils jamais été prêts pour la dictature ?" - Wole Soyinka (écrivain du Niger - Prix Nobel de Littérature)
Osvalde Lewat reprend cette interrogation à son compte quelques années après, habitée par cette histoire terrible et le souvenir des familles de victimes qui se battent encore pour savoir ce que sont devenus leurs disparus.
A noter dans vos agendas : un Festival de plein air se tiendra à la Gare
expérimentale de Montrouge (47 bd Romain Rolland) le 27 juin 2009 de 12h à 21h.
Au programme :
- pique nique
- concerts
- spectacles vivants,
- expositions
- animations pour enfants
- projections
- rencontres avec des associations (LDH, Attac, RESF, Amap, FCPE, Gare expérimentale, Bouga Boss, MonMontrouge, La vie est à nous, Les yeux fertiles, Particip'actif).
Plus d'info : http://montbouge.info/
A noter deux parutions fin mars d'artistes malakofiottes :
CD "Je déménage"
de Francesca Solleville
15 titres (Je déménage, Sous le marronnier du jardin, J'suis caillou, Morbihan, 200 mètres (Mexico 68), Une écolière au tableau noir, Sarment, Le temps de vivre, C'est ton premier Gala, Le visage
de l'homme, Le petit matin, Le sculpteur et le cerisier, On est de ce pays, Ainsi Prague, Je te passe le poing)
Editeur EPM
19 €
Voir article paru dans l'Humanité du 6 avril :
http://www.humanite.fr/2009-04-06_Cultures_Francesca-Solleville-eternelle-insoumise
DVD de 3 documentaires de Marie-Claude Treilhou :
- En cours de musique
- Les métamorphoses du chœur
- Couleurs D'orchestre
Les Films du paradoxe
29 €
Voir article paru dans l'Humanité du 1er avril :
http://www.humanite.fr/2009-04-01_Cultures_-En-cours-de-cinema