Samedi 31 octobre 2009
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MONTROUGE

Le bulletin n°9 Droits de l'Homme est paru.
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ldh92sud@hotmail.fr
Ci-après l'édito du dernier numéro :
Raymond Federman est décédé le 6 octobre dernier à San Diego aux Etats-Unis. Ecrivain, auteur de très
nombreux
ouvrages, à travers son écriture originale, il crée le concept de « surfiction » (une seconde voix interpelle le narrateur). Raymond Federman est né en 1928 à Montrouge. Aussi surprenant que cela
puisse paraître, il n’existe aucune évocation de lui sur la commune : ni plaque, ni nom de rue (« personnellement, je préfèrerais une petite impasse, ça m’irait mieux » disait-il). Il a vécu
pourtant les treize premières années de sa vie à Montrouge... jusqu’en 1942 : « environ 5h30 du matin, le 16 juillet 1942, la police française qui faisait le sale boulot de le J’ai ta peau, comme
disait Max Jacob, est venue nous arrêter au 4, rue Louis Rolland à Montrouge ». Cette arrestation est facilitée par la dénonciation de certains voisins. Ses parents et ses deux soeurs meurent en
déportation. Caché dans un débarrras, Raymond Federman échappe à la rafl e du Vel d’Hiv.
Dénonciations, délations... Des pratiques d’un autre âge ? Hélas non, à en croire la Cimade (service oecuménique
d’entraide). « Déjà effectives dans le secteur public, les arrestations de personnes en situation irrégulière se multiplient à l’initiative d’entreprises privées, qui n’hésitent pas à piéger leurs
clients ». Ainsi, récemment, plusieurs sans-papiers ont été dénoncés en Île-de-France alors qu’ils se rendaient dans des banques ou des agences de téléphonie. Selon le
journal Politis, cela aurait été le cas pour un sans-papier s’étant rendu dans une
banque à Montrouge le 27 août dernier : « Pour ce faire, l’homme utilise une (vraie) pièce d’identité d’emprunt. La guichetière s’en aperçoit et disparaît. Débarque la police, direction le centre
de rétention de Bobigny. » Comme le souligne le journal
Le Parisien du
08/10/09 : « Ce cas est symptomatique d’une tendance croissante à la délation, de la part d’employés du privé comme du public », constate la Cimade, indignée « d’un zèle qui dépasse le cadre
des obligations professionnelles. »
Dénonciations, délations... autre temps et malheureusement, les mêmes moeurs exécrables refont surface, encouragées par un gouvernement qui joue sur cette fibre de l’identité nationale et du rejet,
sur l’air d’une Marseillaise
instrumentalisée, pour faire oublier l’essentiel de ses responsabilités !