Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 14:27
Extrait d'une tribune publiée dans Le Monde du 10/02/10 et signée par Agnès B., styliste ; Françoise Héritier, professeur au Collège de France ; Marjane Satrapi, auteur de bandes dessinées ; et Françoise Seligmann, présidente de la Fondation Seligmann et présidente d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme :

François Fillon, le premier ministre, a désigné, le 25 novembre 2009, la lutte contre les violences faites aux femmes " grande cause nationale 2010 ".
On ne peut que se réjouir de voir ce problème si longtemps tu être enfin pris en compte par les politiques. On s'en réjouirait d'autant plus si les mesures de protection annoncées pouvaient s'appliquer à toutes les femmes, sans discrimination. Malheureusement, dans ce " combat universel ", tel que le décrit François Fillon, contre les violences faites aux femmes, les plus fragiles d'entre elles, parce qu'étrangères, ont été une fois de plus ignorées.
Après des années de lutte contre les violences faites aux femmes et pour l'accès à leurs droits, ces droits sont encore déniés aux femmes étrangères. Le problème est pourtant loin d'être marginal. De nombreuses femmes trouvent le courage, la volonté, la force pour résister, se battre, fuir ! Fuir leur mari, leur pays, leur proxénète ou le poids des traditions, selon qu'il s'agisse de violence conjugale, d'exploitation sexuelle, de mutilation, d'esclavage moderne ou de privation de liberté.
Or, pour nombre d'entre elles, le calvaire ne prend pas fin avec l'éloignement de la source de violences. Loin de leur proposer un refuge, la France ajoute trop souvent une violence administrative à celles déjà subies par ces femmes. Pouvons-nous rester aveugles aux drames que ces femmes, que nous côtoyons au quotidien, ont subis ou qu'elles subissent encore ?
Pour celles qui vivent en France, parfois venues au titre du regroupement familial ou mariées avec un ressortissant français, leur statut dépend le plus souvent de leur situation conjugale. Quitter un conjoint violent, c'est risquer de perdre son titre de séjour, son logement, son emploi, la garde de son(ses) enfant(s). Fragilisées physiquement et psychiquement, menacées d'expulsion à tout moment, elles quittent l'enfer brûlant des voies de fait pour celui, glacé, de l'inhumanité administrative.
Quant aux demandeuses d'asile, le fait d'être persécutées en tant que femmes n'est pas un motif suffisant pour obtenir le statut de réfugié, car ces persécutions ne sont pas considérées comme liées à des faits politiques, même dans les cas de transgression des normes sociales.

Partager cet article

Repost 0
Published by Section LDH de Bagneux-Malakoff-Montrouge - dans Immigration
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Ligue des Droits de l'Homme : LDH Bagneux-Malakoff-Montrouge
  • Ligue des Droits de l'Homme : LDH Bagneux-Malakoff-Montrouge
  • : Présentation des actions de la LDH dans le sud du département des Hauts-de-Seine
  • Contact

Recherches Sur Ce Site