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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 19:36

resfRESF et le comité de soutien aux sans-papier appellent à un rassemblement vendredi 18 Octobre à 16h30 devant l'école Joliot Curie pour que Nelson M. obtienne sa carte de séjour, et que les conditions soient remplies afin de lui permettre de rester auprès de ses enfants.

     

Nelson est Angolais, un pays longtemps ravagé par une terrible guerre civile. En 1985, Nelson a 12 ans. Ses parents sont assassinés sous ses yeux à Luanda où il vit. Des voisins le protègent et le font fuir. Il est  mis avec quatre compagnons dans un conteneur embarqué sur un bateau. Ils y restent un mois et demi. Quand ils débarquent à Marseille, deux des jeunes sont morts. Nelson survit.

Il a 12 ans, seul, dans un pays dont il ne parle pas la langue. Pendant toute son adolescence, il vit, à la fois protégé et surexploité par des membres de la communauté angolaise en France. Il est clandestin, en marge des lois, il utilise des faux papiers, il connaît la prison.

Finalement, en 1996, il finit par se procurer de vrais faux papiers français à un faux nom. Il peut enfin travailler légalement. Il s'installe, fonde un foyer. Ses deux premiers enfants, Elisa, 10 ans aujourd'hui et Sinai, 7 ans naissent sous cette fausse identité tandis que Jade (2,5 ans) naît sous le véritable nom de son père qu'il a fini par récupérer.

En effet, le pot aux roses a été découvert. En février 2009, Nelson est condamné à un an de prison et trois ans d'interdiction du territoire pour usage de faux papiers. Il est toujours sous le coup de cette condamnation (l'interdiction du territoire a été portée à 5 ans en appel).

On en est là : Nelson vit en France depuis bientôt 29 ans. En 1985, mineur isolé de 12 ans, il aurait dû être pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance, il aurait eu un titre de séjour à sa majorité, il serait aujourd'hui probablement français. Au lieu de cela, il a été laissé à une existence d'errance, marginale dont il a fini par se tirer, illégalement, peut-être, mais dignement, en vivant depuis 15 ans avec sa compagne (Tchadienne titulaire d'une carte de séjour), en ayant trois enfants qu'il élève en travaillant.

Il ne s'agit pas de justifier l'usage de faux papiers. Mais de comprendre qu'un enfant placé dans de si terribles conditions s'en sort comme il peut. Et Nelson s'en est plutôt bien tiré.

La justice la plus élémentaire voudrait qu'il soit dispensé de sa peine de prison et qu'un titre de séjour lui permettant de retrouver son emploi lui soit attribué.

Nous demandons aux autorités, à la justice que sa peine soit aménagée et qu’il soit assigné à résidence, au ministère de l’Intérieur qu’il bénéficie d’un titre de séjour avec autorisation de travailler.

Ces décisions seraient une façon de rendre justice à Nelson et à sa famille. Mais ce serait aussi, pour tous les élèves de l’école, pour chacun de nos enfants, la démonstration que les parents savent combattre l’injustice.

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Published by Section LDH de Bagneux-Malakoff-Montrouge - dans Immigration
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