Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 16:01

Extrait de la tribune de Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, paru dans Le Monde du 29/07/2011 :

 

Ces cinq dernières années, j'ai examiné la manière dont les droits de l'homme des personnes LGBT sont appliqués dans les 47 Etats membres du Conseil de l'Europe. Les résultats de cette étude ont été récemment publiés dans un rapport intitulé " Discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre en Europe " (http ://book. coe. int ou www.commissioner.coe.int).

Ce rapport énumère toute une série d'obstacles que rencontrent les personnes LGBT dans la pleine jouissance de leurs droits fondamentaux. Il montre, par exemple, que le harcèlement homophobe et transphobe au travail et à l'école est monnaie courante dans pratiquement tous les Etats membres. Dans cinq pays européens, des organisations LGBT se sont heurtées à des obstacles ou à des refus lorsqu'elles ont voulu se faire enregistrer officiellement. Trois autres pays membres ont tenté de criminaliser " la propagande ou la promotion de l'homosexualité ".

Les études et rapports nationaux indiquant qu'un nombre important de jeunes LGBT ne voient pas d'autre solution que le suicide face au rejet de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre par leurs pairs et leur famille sont restés pratiquement sans effet. Très peu de pays reconnaissent la violence homophobe ou transphobe dans leur législation sur les crimes de haine.

Les personnes transgenres sont confrontées à des difficultés particulièrement graves au regard des droits de l'homme dans pratiquement tous les domaines de la vie. Dans 29 pays membres, la reconnaissance légale du genre auquel elles s'identifient est subordonnée à une opération chirurgicale de changement de sexe qui conduit à la stérilité. Une quinzaine de pays refusent même de reconnaître officiellement les personnes transgenres si elles sont mariées, ce qui les contraint à divorcer.

Trop souvent, les responsables politiques ne tiennent aucun compte des droits fondamentaux des personnes LGBT lors de l'élaboration des politiques et des lois. Certains débats parlementaires nationaux ont donné le spectacle choquant d'échanges truffés de préjugés et d'informations dépassées, où l'on est allé jusqu'à affirmer que l'homosexualité est une maladie.

Les gouvernements doivent continuer d'entreprendre des réformes législatives et d'oeuvrer à la transformation de la société pour permettre aux personnes LGBT de jouir pleinement des droits fondamentaux universellement reconnus. Un suivi national et international - notamment de la part des institutions nationales chargées de veiller à l'égalité ou des ombudsmans - est nécessaire pour mesurer les progrès accomplis.

La situation ne pourra changer que si les pays européens font preuve d'une véritable volonté politique et s'attaquent à ce problème avec une détermination beaucoup plus franche que jusqu'à présent.

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Section LDH de Bagneux-Malakoff-Montrouge - dans Homo et transphobie
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Ligue des Droits de l'Homme : LDH Bagneux-Malakoff-Montrouge
  • Ligue des Droits de l'Homme : LDH Bagneux-Malakoff-Montrouge
  • : Présentation des actions de la LDH dans le sud du département des Hauts-de-Seine
  • Contact

Recherches Sur Ce Site