Lu dans Métro, un article de Vincent Michelon titré "Délogés par le tramway, à Châtillon,
les locataires d'un hôtel promis à la démolition espèrent être relogés" :
Cela n’aurait pu être qu’une triste mais banale histoire de marchand de sommeil. Dans un hôtel insalubre du 88, avenue de Paris, à Châtillon, quinze célibataires, un couple ainsi que cinq
familles avec enfants partagent à trois ou quatre des chambres de 15 mètres carrés, pour 400 à 500 euros par mois. A l’intérieur du bâtiment de quatre étages, des familles, salariées dans les
environs, vivent dans des conditions sanitaires déplorables.
Propriété du conseil général
Mais pour Gary, qui partage depuis quatre ans une chambre avec sa femme et sa fille, le problème n’est plus là. L’hôtel, désormais propriété du département, va être rasé car il est sur l’axe du
futur tramway T6 (Châtillon-Viroflay), qui sera construit entre 2010 et 2013. “J’ai fait toutes les demandes possibles de logement social, explique Gary. La mairie nous renvoie vers le conseil
général, mais rien n’a été proposé.” Pour alerter sur leur situation, huit associations, dont la Ligue des droits de l’homme et l’Association pour le droit
au logement social à Châtillon ont protesté hier matin devant l’immeuble, lors du passage du juge des expropriations. De nombreux élus de l’opposition municipale (PS, PCF, Parti de gauche,
Montrouge démocrate, Les Verts et Cap 21) sont venus les soutenir. “L’hôtel doit bien sûr être démoli, estime Martine Gouriet, conseillère générale PS de Châtillon. Mais pas sans solution de
relogement.” “Avec son projet de tramway, le conseil général gère une bande de 50 mètres de chaque côté du futur tramway, juge Jérôme Desquilbet, conseiller municipal Vert. C’est une grosse
opération immobilière qui ne se préoccupe pas de ces personnes”.
“Pas avant un an”
La mairie, tenue par le député-maire UMP Jean-Pierre Schosteck, indique cependant qu’il n’y aura “pas d’expulsion avant un an”, tout en rappelant que le relogement relève du conseil général. Le
département explique de son côté que la justice déterminera le 23 septembre si ces personnes “doivent être relogées par le conseil général”. Six semaines plus tard, elle statuera “sur le droit au
relogement de ces personnes”. Le cas échéant, des solutions de relogement seront alors recherchées avec les services sociaux.